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Église St Pierre Es Liens de MARTIGNAC, hameau de PUY L'ÉVÊQUE

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DIEU-LE-PÈRE, vêtu d’un manteau rouge et coiffé d’une tiare, trône dans l’abside de l’église et bénit les entrants depuis le Moyen Âge.


Les peintures murales de l’église St PIERRE ES LIENS de MARTIGNAC éclairent sur les mantalités religieuses de la fin du XVe siècle.

De Marie-Pasquine SUBES-PICOT, maître de conférences, historienne de l’art médiéval :

Cet ensemble d’images peintes à la fin du Moyen Age dans une église rurale est exceptionnellement riche et complet … Ces peintures fournissent une abondante moisson de détails iconographiques novateurs et éclairent avec précision sur les attitudes religieuses de l’époque.

De Jean LARTIGAUT :

Ce qui nous a été chichement apporté par les sources écrites est heureusement complété par les peintures murales de l’église de MARTIGNAC. Ces peintures de la fin du XVe siècle pour l’essentiel, ont d’abord attiré l’attention des historiens de l’art comme il se doit. Plus récemment, en 1986, Michelle FOURNIÉ, historienne des mentalités et des comportements religieux, y a découvert un Purgatoire ( qui n’avait pas été identifié par ses prédécessurs) et précise la signification spirituelle de l’ensemble de ce décor éminament didactique. Les murs intérieurs de cet édifice, en grande partie peints, forment une sorte de catéchisme illustré, pour une large part accessible aux paroissiens, grâce aux commentaires du recteur.


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Intérieur de l’église St Pierre Es Liens de MARTIGNAC


Sources :

  • ASSAPE- 1974-1978- (d’après MM M. REY et E. BORSOOK)
  • Dess Patrimoine Toulouse - 1996-1997-
  • Marie-Pasquine SUBES-PICOT : Les peintures murales de l’église St Pierre Es Liens de Martignac à PUY L’ÉVÊQUE- congrès archéologique de France - 1989 -
  • Le musée National des Monuments Français.
  • ARCHIVES DE PIERRE – Les églises du Moyen Âge du Lot- Conseil Régional de Midi-Pyrénées. Occitanie - 2011-
  • Didier LEGRAND / Pascal FOURNIGALT : Les peintures murales de l’église de MARTIGNAC - Etude et proposition pour la restauration - 1994 -
  • Jean LARTIGAUT : PUY L’ÉVÊQUE au Moyen Âge - 1991 -

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Face Sud de l’église St Pierre Es Liens de MARTIGNAC


1. LA TOPONYME de St PIERRE ES LIENS

St Pierre Es Liens désigne essentiellement des édifices religieux élevés en mémoire de l’apôtre.

De Abbé L. JAUD : Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours,1950 :

St PIERRE Es LIENS fait référence à une dédicace, également appelée « fête des chaînes du Prince des Apôtres », établie par le pape Sixte III en 439 sur le mont Esquilin en commémoration de l’emprisonnement que le roi Hérode Agrippa fit subir, à Jérusalem, à l’apôtre Pierre en l’an 44. Hérode Agrippa, roi des Juifs, après avoir condamné à mort saint Jacques le Majeur en l’an 43, fit emprisonner Saint Pierre. Les fidèles, à la nouvelle de l’arrestation du chef de l’Église, se mirent aussitôt en prière, et Dieu les exauça.

Le « Prince des Apôtres », 1er des douze et chef de l’Église naissante, chargé de chaînes, était gardé nuit et jour par seize soldats, dont quatre faisaient tour à tour sentinelle dans la prison autour de lui ; les autres gardaient les portes. La nuit même qui précédait le jour marqué pour l’exécution, Pierre dormait paisiblement au milieu de ses gardes, quand tout à coup la prison fut éclairée d’une lumière céleste. Un Ange apparaît, le réveille et lui dit : “Levez-vous promptement, prenez votre ceinture, vos vêtements et votre chaussure, et suivez-moi.” Au même instant les chaînes tombent de ses mains ; stupéfait, il obéit, et traverse sans obstacle, à la suite de l’Ange, le premier et le second corps de garde. Une porte de fer était à l’entrée du chemin qui conduisait à l’intérieur de Jérusalem ; cette porte s’ouvre d’elle-même. Ils vont ensemble jusqu’au bout de la rue, et l’Ange disparaît.


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La libaration de St Pierre de Bartolomé Esteban Murillo - 1667-


Pierre avait cru que tout ce qui se passait n’était qu’un songe ; mais, persuadé alors de la réalité de sa délivrance, il en bénit le Seigneur en disant : “Je reconnais maintenant que Dieu a envoyé véritablement Son Ange et qu’Il m’a délivré de la main d’Hérode et de l’attente cruelle du peuple juif.” Il se rend alors à la maison de Marie, mère de Marc, son disciple, où se trouvait une foule en prière. Pierre frappe à la porte, et la jeune fille qui se présente pour ouvrir, ayant distingué la voix de Pierre, court l’annoncer dans l’intérieur de la maison. Personne n’y voulait croire : “Vous êtes folle !” dit-on à cette fille. “C’est son Ange,” disaient les autres. Pierre continuait à frapper. Quelle ne fut pas l’explosion de joie lorsque la porte fut ouverte et que l’on reconnut Saint Pierre ! L’Apôtre raconta la merveille que Dieu venait d’accomplir. Les fidèles se firent un devoir de recueillir les précieuses chaînes de Saint Pierre et les conservèrent avec un religieux respect. Plus tard, on recueillit aussi avec soin les deux chaînes vénérables portées à Rome par le chef des Apôtres. À peine furent-elles placées l’une près de l’autre, qu’elles s’unirent ensemble, de manière qu’il fut impossible d’y reconnaître aucune soudure. Depuis ce temps, l’Église fait plus de cas de ces précieuses chaînes que des plus riches trésors, elles sont précieusement vénérées dans l’église de Saint-Pierre-aux-Liens

Cette commémoration est fêtée le 1er août dans le christianisme occidental et le 16 janvier dans l’Église orthodoxe.


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Face Nord de l’église St Pierre Es Liens de Martignac, avec sa sacristie.



2. LA DESCRIPTION ARCHITECTURALE DE L’EGLISE ST PIERRE ES LIENS DE MARTIGNAC

Cette église romane, de dimensions modestes (17 m x 8 m) surplombe le hameau de MARTIGNAC. Construite en pierre calcaire, en moellons équarris assemblés par un mortier de chaux et de sable, elle a conservé les trous de boulin bien alignés qui ont servi à soutenir les échafaudages sur l’ensemble de ses élévations. Ses décors peints ont été mutilés à plusieurs périodes lors de modifications. Les peintures étant masquées sous un enduit depuis longtemps, elles avaient été oubliées.


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Plan de l’église de MARTIGNAC - Relevé de Marthe Flandrin en 1943.


Cet édifice comprend :

  • Une abside de 20 m2 :

L’abside semi-circulaire est couverte d’un cul-de-four surmonté de lauzes en calcaire. Ce chœur en hémicycle est situé à l’Est : là où soleil apparaît à l’aube, là où la lumière triomphe des ténèbres, symbole de l’enseignement de Jésus qui apporte la lumière au monde.

Sa corniche, simple bandeau chanfreiné, est soulignée par une suite de trous carrés réservés dans une assise. Le décor sculpté se limite à un élément d’imposte remployé lors de la réfection du portail au XIXe siècle.

La fenêtre d’axe et la fenêtre Nord de l’abside sont couvertes respectivement d’un arc appareillé et d’un arc monolithe en plein-cintre.

Le mobilier se résume à un autel-tabernacle en bois polychrome du XVIIe siècle, période de dévotion au Saint Sacrement et une table de communion du XVIIIe s (1773).


  • Une nef de 57 m2 :

La nef unique comprend 2 travées voûtées d’arêtes mais fut sans doute initialement charpentée. 2 ouvertures romanes ont été obturées côté Nord, pour recevoir les retombées des voûtes d’arêtes. Les peintures des murs latéraux se sont retrouvées en partie cachées sous les voûtes. Un épais enduit à l’époque de ces modifications (peut-être en 1774) devait maquer ces peintures.

A l’extrémité du mur Ouest, seul mur dépourvu de peintures, est adossée une tribune avec un escalier. Ces 2 structures en bois permettent l’accès au clocher. 2 bénitiers sont insérés dans le mur.

Au niveau du mur Sud, un défoncement a été pratiqué pour encastrer le confessionnal et la porte d’entrée. 2 fenêtres plein cintre ont été percées (endommageant les peintures). La porte d’entrée est surmontée de l’inscription : “Restaurée sous l’administration de M. MERCIÉ en 1863”. Une statue en bois représentant ST PIERRE est incluse dans une corniche située en haut de ce portail. Un élément d’imposte, sculpté et remployé en haut du portail, représente les têtes de deux personnages reliées par un bâton soutenu par des mains au-dessus de triangles superposés.

Maitre Jean Baptiste MERCIÉ (1839- 1876) fut le principal initiateur et maître d’ouvrage de la plupart des modifications de l’urbanisme réalisées à PUY L’ÉVÊQUE au XIXe siècle.


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Sculpture de part et d’autre du portail d’entrée - Statue de St Pierre Es Liens de Martignac, H : 72 cm.


  • Une sacristie

Elle est accolée au mur Nord de la nef, rendant une baie aveugle. Le percement de la porte dans le mur du choeur a endommagé les peintures.


  • Un clocher :

Ce clocher érigé sur l’extrémité Ouest de la nef est oblong, formé d’un mur pignon et d’une chambre de cloches en hourdis. Sa partie inférieure est attribué au XIIIe siècle. La partie supérieure a subi des modifications notamment aux XVIIe et XIXe siècles.

L’élévation Est du clocher est réalisée en colombage. Le côté Ouest a conservé son pignon d’origine. Sa surélévation en pierre de taille d’un bel appareil donne un bel élan à la perspective. Son pan-de-bois présente des trous d’encastrement de poutres qui laissent supposer l’implantation d’un hourd. (Galerie en charpente établie en encorbellement au sommet d’une muraille et utilisée pour le lancement de projectiles sur les ennemis).

Extrait du musée campanaire de l’ASSAPE- Le clocher comporte 2 cloches :

  1. SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM-

    Parrains : M. Pierre Adrien Fred, MIRAMBEL de MARTIGNAC- et Marraine : Mme Marie Anna Nelli BORREDON, de TREBUZAT- et M. JN BERGUES, curé.

  2. MARIE CONCUE SANS PECHÉ-

    Parrain : M. Hypolyte Antoine ALDHUY- et Marraine : Mme MARIN BERGUES, de GIGOUZAC- et M. J. N. BERGUES, curé-

Fondeurs : LEVEQUE Père et fils à Montauban en 1876


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3. L’HISTOIRE DE St PIERRE Es LIENS

XIIe s - XIIIe s :

L’histoire de l’église de MARTIGNAC, la vocation de son clocher à colombage et la présence de vestiges d’un monastère dans les propriétés voisines (tour de guet, portes en arcades murées ou salles voûtées) sont inconnues mais l'Ecclesia Martinhaco est mentionnée en 1290 puis au début du XIVe s dans des documents appelés pouillés de l’ancien diocèse de CAHORS. Sa construction peut cependant être attribuée au XIIe siècle.

Un pouillé, sous l’Ancien Régime, est un dénombrement de tous les biens et bénéfices ecclésiastiques d’une abbaye, d’un diocèse, d’une province … situés dans un domaine géographique donné.

Ce pouillé stipule que l’église de MARTIGNAC se trouvait dans l’archiprêtré de PESTILHAC, unie pour la décime à l’église Saint-Martin de MAZIERES. Elle faisait partie de la châtellenie de PUY L’ÉVÊQUE que l’évêque de CAHORS avait acquise au XIIIe s.

L’archiprétré de PESTILHAC rassemblaient les paroisses dans la mouvance des PESTILHAC ou du moins de leur château dominant le ruisseau de la Thèze mais aussi de la totalité de la châtellenie de PUY L’EVÊQUE… Plusieurs archiprêtres de PESTILHAC appartinrent à des familles de PUY L’EVÊQUE. dit Jean LARTIGAUT.

Toutes les baies de l’édifice possèdent des linteaux échancrés caractéristiques du XIIIe siècle. Nef, chevet et partie inférieure du clocher dateraient aussi de cette même époque.

On sait que Les Bénédictins Blancs de l’abbaye de MOISSAC entreprirent, à DURAVEL, la construction d’un monastère destiné au repos des évangélistes rentrant de pays lointains, principalement d’ASIE. Séduits par le site de MARTIGNAC, ils y auraient peut-être construit une annexe de DURAVEL.


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A la Fin du XVe et au tout début du XVIe s

Réalisation des peintures murales.

Un document du XVe siècle énumère les terres et les cens appartenant à la famille St ASTIER et aux seigneurs de SAUVETERRE et mentionne les paroisses de PESTILHAC, MARTIGNAC et MAZIERES comme dépendances de la Sénechaussée et de l’évêché de CAHORS.


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- Aux XVIIe ou XVIIIe s, peut-être en 1774 :

Des transformations structurelles comme l’estiment quelques historiens, endommagent les peintures murales sans doute déjà recouvertes de plusieurs couches de badigeon. 1774 est une date gravée à l’appui de la communion.

  • Construction de la couverture en voute d’arêtes sans doubleaux divisant la nef en 2 travées. Les retombées ont obturé les jours des façades Nord et Sud.

  • Percement de 2 baies en arc plein cintre dans le mur Sud, certainement celles qui existent aujourd’hui et encastrement du confessionnal dans l’épaisseur du mur Sud.

  • Construction probable de la partie médiane du clocher.


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- Au XIXe s :

  • 1801 : MARTIGNAC est rattachée à la paroisse de PUY L’ÉVÊQUE.

  • 1805 : Un procès-verbal sur les 27 églises du canton stipule que le presbytère de MARTIGNAC vient d’être racheté avec le jardin depuis peu moyennant 1 200 F, que le cimetière est clôturé et qu’il possède une croix en pierre au milieu.

  • 1846 : un rapport du maire, à l’intention de M. le préfet signale :

«Il est surprenant qu’il ne soit jamais arrivé aucun accident au sonneur, en montant ou en descendant une échelle de main d’une hauteur prodigieuse qui, se trouvant en permanence dans l’église, offre un mauvais aspect à la personne qui y entre» … une tribune servirait à monter au clocher et s’y placerait un grand nombre de personnes dont la nef serait ainsi débarrassée. la paroisse étant dans l’impossibilité de fournir aux frais de construction d’une chapelle…. Une partie du presbytère existe depuis un temps immémorial et appartient à la commune, l’autre partie est en état de construction à l’aide d’une imposition extraordinaire sur les habitants de la paroisse et que 300F sont attribués par la commune pour donner plus de confort au presbytère et permettre son entier achèvement.*

  • 1863 : Date figurant sur le linteau de l’entrée : RESTAURÉE SOUS L"ADMINISTRATION DE M. MERCIÉ EN 1863. S’agissait-il uniquement de l’agrandissement du portail d’entrée ?

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Portail d’entrée de l’église de MARTIGNAC


  • 1876 : Sur la demande du “conseil de fabrique”, la municipalité acquiert un terrain pour créer un nouveau cimetière. Le souhait est «d’en faire un jardin de fleurs pour nos autels, fermé à tous les divertissements profanes, sous la surveillance quotidienne du desservant et de l’approprier par des allées à nos processions dominicales».

La fabrique, au sein d’une paroisse catholique, désigne un ensemble de « décideurs » (clercs et laïcs depuis le Concile de Trente (1545-1563) nommés pour assurer l’administration des fonds et revenus nécessaires à la construction et l’entretien des édifices religieux et de leur mobilier … Les revenus provenaient des quêtes, offrandes, dons en nature, loyers et fermages, legs et location des bancs dans l’église.

  • 1876 est une date inscrite sur les cloches indiquant leur date de fonte. La partie supérieure du clocher a peut-être été modifiée pour recevoir les cloches.

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- Au XXe s.

  • 1903 : 1ère réfection de la toiture de l’église, du clocher et de la sacristie : un devis de 1298 F précise que la couverture en pierres plates du pays sera remplacée par une couverture en tuiles mécaniques ardoisées après la restauration de la charpente.

  • 1918 : A la fin de la guerre 1914-1918, le dépeuplement de la paroisse entraine l’accélération de la dégradation de l’édifice , “L’abandon de la Fabrique qui n’a pas permis de garder en état le toit et les murs."

  • 1938 : Quelques morceaux de plâtre détachés du mur et révélant des morceaux de dessins en couleur alertent l’abbé CASSAGNADE, curé doyen de PUY L’ÉVÊQUE qui met à jour, avec des moyens rudimentaires, une des plus belles peintures murales du QUERCY datant du XVe siècle. La presse rendit compte de cette découverte sous la plume de R. REY.

L’ASSAPE relate dans son fascicule intitulé : Notre patrimoine de mai 1998 :

Avec une patience infatigable et une habileté surprenante, muni de simples couteaux et perché sur ses échelles, la soutane protégée par un grand tablier bleu de jardinier, l’abbé Martin CASSAGNADE, dont beaucoup d’entre nous gardent le souvenir, passait de longues heures à gratter et à remettre à jour de splendides peintures murales de XVe siècle qu’un épais badigeon de chaux avait occultéées vraisemblalement lors de la construction de la voûte au XVIIe siècle.


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Né à Marminiac, l’abbé Martin Cassagnade a été curé de PUY L’ÉVÊQUE de janvier 1926 juqu’à sa mort en 1940. Photo : Fonds MAYSSAL-


  • 9 juillet 1943 : L’église de MARTIGNAC est classée “Monument historique” par la Société française d’Archéologie, Musée des Monuments Français, Palais de Chaillot, 1 Place du Trocadéro – 75116 PARIS.

  • Fin 1943 : Melle Marthe FLANDRIN et en 1947, Melle A. DEBES, désignées par le ministère des beaux-Arts exécutent une copie des sept figures des péchés capitaux pour le Musée des Monuments Français. C’est dire leur valeur artistique.

  • 1948 : 7 ans après le signalement d’absence d’entretien par l’architecte des Monuments de France, et l’établissement d’un devis de restauration, des dépenses sont enfin engagées pour les restauration de la toiture du chevet et des peintures du chœur. Des retouches de grande ampleur ont été réalisées lors de 1ère restauration remaniant fortement les Vertus et Nicodème (sur la mise au tombeau).

  • 1952-1955 : Restauration. Les travaux de drainage tentent d’éliminer les traces d’humidité sur les murs mais un voile blanc de calcite nuit à la lecture des peintures.

  • 1974 : D’importantes restaurations assurant l’étanchéité de l’église se réalisent au niveau du Chœur de l’église. Le 25 octobre 1974, le hameau de MARTIGNAC est inscrit sur le registre de l’“inventaire des sites pittoresques” du Lot.

  • 1981 : Restauration des peintures du chœur par les Beaux-Arts. Des infiltrations d’humidité avaient peu à peu détérioré les peintures et avaient atténué leurs couleurs, très vives au moment de leur mise à jour. La mairie et les Beaux-Arts prennent en charge ces travaux pour une somme de 60 000 F chacun.

  • 1986 : Michelle FOURNIÉ, historienne des mentalités et des comportements religieux, découvre sur le plan iconographique, la représentation du purgatoire qui n’avait pas été identifiée par ses prédécesseurs.

  • Janvier 1994 : Une étude et proposition pour la restauration a été réalisée grâce à l’initiative des membres de l’Association “LES VIEILLES PIERRES DE MARTIGNAC” et notamment Mme Genviève LOTY. Didier LEGRAND, restaurateur d’œuvres d’art et Marie-Christine DELAVERGNE, ingénieur de recherche en physique-chimie en sont chargés et précisent que :

o la base des murs et les peintures qui les couvrent ont souffert de manière très visible d’un problème d’infiltration due à un amoncellement de terre d’une grande épaisseur (jusqu’à 1.5 m de hauteur) le long des murs extérieurs Nord et Sud de la nef.

o il existe une abrasion généralisée de la couche picturale due certainement aux moyens utilisés pour l’enlèvement du badigeon exception faite de la scène de la Vierge.

o la présence de grandes zones de retouches imparfaites.

o le colmatage des lacunes (en ciment) recouvre preque toujours le pourtour de la couche peinte originale.

  • 1994-1996 : Travaux d’assainissement au niveau du mur nord (création d’un drain de 60 cm de profondeur effectué manuellement du fait de l’inaccessibilité d’un engin et application d’un enduit hydrofuge sur le mur) pour favoriser l’écoulement des eaux et réparation de la toiture : recouvrement du clocher et de la nef en tuiles plates vieillies et du chevet en lauzes de pierre (Toiture mise en place malgré l’avis défavorable des Bâtiments de France car elle ne respecte pas le couvrement originel de l’édifice).

  • 1998 : Restauration des peintures de MARTIGNAC :

o Injection de coulis “Torraca” ou de résine pour rétablir l’adhésion du support mural.

o Élimination de quelques zones en ciment recouvrant les peintures.

o Nettoyage de la couche picturale.

o Élimination des repeints à l’aide de solvants et retouche par piquetage des abrasions de la couche picturale en utilisant la technique du Tratteggio, laissant en évidence les interventions récentes.

o Analyses scientifiques effectuées si ncessaires pour affiner les techniques conservatoires.


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Vue d’ensemble de l’intérieur de l’église depuis la tribune.


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4. LES PEINTURES MURALES :

Les murs Nord et Sud de la nef de L’église ST Pierre Es Liens sont ornés de peintures murales remontant à la fin du XVe siècle comme l’indique le costume de la Luxure.

La coiffe de la Luxure était à la mode à l’époque d’Anne de Bretagne, à la fin du XVe siècle.

La période charnière entre le XVe et le XVIe siècles fut celle de la diffusion de la dévotion au purgatoire et c’est ce que montre les peintures de Martignac.

Environ 150 m2 de peintures murales recouvrent l’abside, le cul-de-four et les murs nord et sud de la nef sur toute leur longueur. Elles ont été peintes sur un enduit de chaux presque pur de 3 mm d’épaisseur recouvert d’un mortier à la chaux très chargé en quartz. Les peintures ont été réalisées au moyen d’un lait de chaux mêlé à différents pignents. Les couleurs utilisées sont restreintes : des ocres jaunes et rouges cernés de noir et de peinture monochrome dite “en camaieu ou en grisaille” pour les personnages féminins représentant les Vertus.

Les murs intérieurs étaient sans doute entièrement ornés de peintures. Elles ont été masquées par un enduit à une époque où elles n’étaient plus “à la mode” puis oubliées.


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Localisation des peintures sur le plan de l’église réalisé par Marthe Flandrin en 1943.



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CET ENSEMBLE D’IMAGES PEINTES A LA FIN DU MOYEN AGE DANS UNE ÉGLISE RURALE EST EXCEPTIONNELLEMENT RICHE ET COMPLET.



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1. Décors peints Au niveau de l’abside : 3 registres de peintures A, B et C :


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Schéma du choeur et localisation des iconographies. - Relevé de Marthe Flandrin en 1943.



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A. Au niveau du registre supérieur

Dieu en Majesté - Peinture réalisée à la fin du XVe s.

Au centre du cul-de-four, dominant le sanctuaire et sur un fond parsemé d’étoiles, DIEU EN MAJESTÉ, bénit de sa main droite et tient, de l’autre main, le globe surmonté d’une croix à double traverse.

Il est entouré des symboles des 4 évangélistes portant les phylactères indiquant leur nom : l’aigle pour St Jean, l’ange pour St Mathieu, le lion pour St Marc , le taureau pour St Luc.

Dieu (et non le Christ usuellement présent au XVe s dans le cul-de-four des églises) est représenté intentionnellement massivement, coiffé de la tiare pontificale à 3 couronnes, assis sur un trône et vêtu d’un manteau rouge. Ses yeux sont manifestement très grands. La représentation du tétramorphe au cul-de-four de l’abside est traditionnelle et fréquente au XVe s.

Cette figure centrale, placée dans l’axe de l’église prend toute sa force lorsqu’elle est mise en rapport avec l’iconographie des grandes scènes développées sur les murs latéraux.


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Dieu en majesté



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B. Au niveau du registre médian

Les Vertus: : Peintures réalisées à la fin du XVIe s ou au début du XVIIe s.

Sept femmes personnifient les Vertus (qualités morales nécessaires pour accéder au Paradis) sur le pourtour de l’abside entre 2 frises de couleur rouge.

Ces Vertus dont la sagesse semble contenue dans ces ouvrages savants sont peu communes.

Elles sont séparées par des colonnettes peintes, surmontées de dais en arc trilobés ou en accolades.

Leurs vêtements sont singuliers, confectionnés de riches drapés bouillonnants aux plis profonds et aux chutes complexes avec des nœuds flochés (dont la torsion est faible) assortis de coiffures enturbannées et exubérantes, d’où ressortent des rubans flottants. Elles portent toutes un livre ouvert ou fermé. Chacune d’elles est pourvue d’attributs permettant leur identification.

Ces Vertus sont représentées en camaïeu gris au moyen d’un jeu de hachures (entrecroisement de petits traits noirs plus ou moins fins sur fond blanc évoquant la technique de la peinture flamande du XVe siècle sur panneaux), relevé d’ocre orangé pour les carnations. Elles se détachent sur un fond gris sombre pour donner l’illusion de statues dans des niches.

Cette pratique en peinture murale est unique dans le Sud-Ouest. Ces effets stylistiques font référence aux écoles du Nord.

Les 3 vertus Théologales (qui ont Dieu pour objet) :

  • B. 1 - La foi (la disposition à croire aux vérités révélées). Elle porte dans une main un calice d’où s’élève une hostie et dans l’autre main, un livre évoquant les tables de la Loi.

  • B. 2 - L’Espérance (la disposition à espérer la béatitude) -Elle tient une anse renversée.

  • B. 3 - La Charité (aussi dite “amour” puisque c’est l’amour de Dieu, de soi-même et de son prochain pour l’amour de Dieu.) -

La Charité n’est identifiable que par déduction. Elle porte un livre fermé sous son bras droit, sa main repose sur un instrument posé sur ses genoux. De l’autre côté, elle présente un étrange édicule ressemblant à une pièce d’orfèvrerie surmontée d’un petit personnage tenant une bannière. Elle est placée entre les 2 autres Vertus théologales.

Cette représentation de la Charité ne répond à aucun des modèles français ou italiens répertoriés par Emile Mâle (Historien d’art français et membre de l’Académie française, Émile Mâle fut un spécialiste de l’art chrétien médiéval et a laissé une œuvre importante, qui compte de nombreuses monographies sur les églises et cathédrales de France pour la fin du Moyen Age.)


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Les vertus cthéologales : B.1. La foi, B.2. l’Espérance et B.3. la charité (?) - Photos du Conseil Régional- Occitanie-


Les 4 vertus cardinales (vertus qui jouent un rôle charnière dans l’action humaine, notamment dans la doctrine morale chrétienne,)

Elles se déclinent dans un camaieu de gris qui pourrait, comme dans les peintures flamandes du XVe s simuler des statues dans des niches, créer l’illusion d’un décor sculpté autour de l’abside. Cette technique de réalisation est unique dans le Sud-Ouest.

  • B. 4 - La justice (L’idée est de traiter les autres de manière impartiale et équitable.). Son visage et sa coiffe ont disparu. Elle tient le pommeau d’une épée de la main droite et dans la gauche un objet, peut-être une balance.

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La vertu cardinale : B.4. la Justice - Photos du Conseil Régional - Occitanie-

  • B. 5 - La Force (Le Combat et la résistance contre l’adversité du mal). Elle tient un livre ouvert de sa main gauche et serre une queue de serpent dans l’autre. Un monstre se traine à ses pieds.

  • B. 6 - La Tempérance (Elle assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l’honnêteté). Elle possède une coiffe à résille perlée et transvase un liquide (Met-elle de l’eau dans son vin?).

Définition de Tempérance : Modération dans les plaisirs (mesure), notamment dans la consommation d’alcool et de nourriture (frugalité, sobriété).

  • B. 7 - La Prudence (La sagesse dispose de la raison pratique à discerner, en toutes circonstances, le véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir). Elle lit dans le miroir de l’avenir qu’elle tient de la main droite ; dans sa main gauche, elle tient un livre ouvert. A ses pieds se trouve une forme difficilement identifiable.

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Les Vertus cardinales : B.5. La force - B.6. La Tempérance et B.7. La Prudence - Photos du Conseil Régional - Occitanie-



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C. Au niveau du registre inférieur :

C.1 - La mise au tombeau

Les protagonistes de cette scène figurent en pied, devant le corps du Christ allongé sur une tenture grise partiellement perceptible alors qu’elle habillait tout le périmètre inférieur de l’abside. L’iconographie de cette scène est traditionnelle. Nicomède placé aux pieds du Christ tient le linceul. Joseph, normalement situé à sa tête a disparu. La vierge, au centre, est soutenue par une sainte femme et Madeleine aux cheveux défaits se tient à son côté. Les blessures du Christ apparaissent en rouge.


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Mise au tombeau - Fonds MAYSSAL - Année 1990


C.2 - Les Anges de la Courtine.

Disposés à mi-corps sur les zones centrales et méridionale de l’hémicycle, les quatre Anges à la courtine (Mur de fortification rectiligne, compris entre deux bastions) tiennent une tenture grise bordée d’un galon jaune. Cette tenture couvre la partie basse de l’hémicycle, y compris le dessous de la scène de la “Mise au tombeau” . Ils regardent tous vers le bas ; les 2 premiers aux ailes déployées regardent à leur gauche tandis que les 2 suivants aux ailes repliées regardent vers leur droite.


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2 Anges de la courtine- Photos de Philippe POITOU - 2010- Conseil Régional - Ociitanie -



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Les décors peints au niveau du mur Nord de la nef :

E : La scène du Jugement dernier et F : la cavalcade des péchés capitaux


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Emplacement des Peintures sur le relevé de Marthe Flandrin en 1943.


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Photographie du mur Nord. - Conseil Régional - Ociitanie -


  • E. - La Scène du jugement dernier

Ce décor est mutilé par l’adjonction des voûtes d’arêtes. En haut de la seconde travée, Saint Jean-Baptiste, vêtu de sa mélote (généralement, peau de mouton ou peau de brebis avec sa toison), est agenouillé au pied d’un arc-en-ciel. Il devait intercéder auprès d’un Christ-juge aujourd’hui disparu.


image1, E

La dualité entre les 2 lieux de l’au-delà : L’enfer et le Paradis - - Conseil Régional - Ociitanie -


En contrebas, dans un décor ponctué d’étoiles rouges, sont répartis les réssusités. L’agitation est perceptible sur la droite : de petits personnages sont représentés la tête en bas ou s’arrachant les cheveux. Des pattes griffues apparaissent par endroit, une femme aux longs cheveux semble damnée. C’est une évocation de l'Enfer.

Dans une atmosphère plus calme, à droite du Christ, des réssusités sortent de leurs tombeaux et un ange s’affaire à reconstituer un squelette afin de faciliter la résurrection des chairs : une référence à la vision d'Ezéchiel aux ossements déséchés qui reprennent vie…Ce motif se retrouve dans quelques représentations du Jugement dernier. La gueule du Léviathan occupait-elle la partie effacée ? seul un tracé d’écailles est encore visible - Évocation imagée de l’ENFER, sans doute.

Sur la partie gauche, juste en haut de l’ange assemblant les os d’un squelette, sont représentés des enfants nus, chauves, asexués et en prière, groupés dans un linge, têtes levées en direction de l’arc-en-ciel et prêts à être emportés par un ange gracieux, dans un mouvement ascensionnel, vers le Christ-juge au-dessus de la baie. Certainement une métaphore du PARADIS.

3 manuscrits du XIVe siècle construits à l’identique, (2 dans des bréviaires d’origine ibérique et 1 dans un missel) opposent d’une part des élus embarqués dans un linge et d’autre part la gueule du Léviathan, la dualité entre les 2 principaux lieux de l’au-delà. Ces manuscrits auraient appartenu à un groupe commun.


  • F - La cavalcade des péchés capitaux.

Le cortège des vices est composé de 7 personnages chevauchant divers quadrupèdes. Ils sont, hormis le premier, reliés par une chaîne. Chacun de ces personnages est escorté par son propre démon lui faisant face et participant activement à l’accomplissement du péché. Ces démons portent un nom mentionné au-dessus d’eux qui vient directement de la mythologie de l’Asie occidentale alors que le nom des péchés est inscrit dans la frise soulignant la composition.

Cette représentation des démons n’existent dans aucune autre composition analogue.

Ces péchés ne convergent pas vers la tête du Léviathan comme le veut la tradition de ce thème mais vers des jambes d’au moins 3 démons qui viennent à leur rencontre. Hélas la disparition de la scène ne permet pas d’en savoir davantage.


image1, Péchés

Cortège des péchés Capitaux -Conseil Régional - Ociitanie -


  • Le 1er péché : L'ORGUEIL devrait être en tête de cortège comme le veut la tradition de ce thème mais a disparu. Il ne subsiste que les pattes et la queue du lion, roi des animaux, qui le portait et son nom : “orguelh”.

  • Le 2ème péché : L'AVARICE est reconnaissable grâce à sa grosse bourse, son trésor, et à sa corde au cou que Michelle FOURNIÉ a mieux vu sur le relvé conservé au musée des Monuments Français. L’avarice chevauche un lévrier blanc.

  • Le 3ème péché : La LUXURE est juchée en amazone sur une chèvre ou un bouc et se regarde dans un miroir soutenu par son démon. Elle relève sa robe rouge dans un geste provocateur. Les pans de sa coiffe encadrent son visage jeune au front bombé.

  • Le 4ème péché : L'ENVIE est représentée par un élégant jeune homme au regard extasié, à cheval sur un gros chien brun, tentant d’attraper un objet que lui tend son démon.


image1, Avarice

Avarice, Luxure et Envie - Conseil Régional - Ociitanie -


  • Le 5ème péché : La GOURMANDISE est représentée par le plus truculent des personnages au nez rouge et à la face avinée. Affalé sur un porc sauvage, il tient un verre de vin et s’apprête à mordre dans un jambon encouragé par son démon qui lui tient la tête.

  • Le 6ème péché : La COLERE. Son personnage, assis sur un chien, porte une épée qu’il dirige vers lui-même, d’un geste rageur, aidé par son démon à la langue fourchue

  • Le 7ème péché : La PARESSE ferme la marche en tenue débraillée, laissant les rênes de l’âne qui le transporte aux mains du démon qui l’accompagne . Ce démon, aux ailes de chauve-souris, pèse lourdement sur sa tâte. Un autre démon clot le cortège.


image1, Gourmandise

Gourmandise, Colère et Paresse - Conseil Régional - Ociitanie -


L’ordre dans lequel se succèdent les vices semble correspondre à la liste récapitulative des péchés dressée pour la confession dont la pratique s’est généralisée au XIIIe siècle.

Sur ce mur Nord, par 2 fois L'ENFER est évoqué mais n’est pas matérialisé.


image1, Ange


Les décors peints au niveau du mur Sud de la nef

La lecture s’effectue de Droite à Gauche : Saint Michel et le purgatoire - St Pierre et le Paradis et Le couronnement de la Vierge. Ces décors présentent aussi un grand intérêt iconographique. Ils font écho au Jugement dernier qui se situe sur le mur opposé.


image1, MurSud

Emplacement des Peintures - Relevé de Marthe Flandrin en 1943.

  • D. 3 - Saint Michel et le Purgatoire .

St Michel, d’une taille supérieure aux autres anges, brandit son épée pour pourfendre le démon qui aurait occupé la partie inférieure du tableau. Seules, des petites têtes ont été préservées et dépassent du bouquet de flammes. Elles sont accompagnées d’un phylactère contenant l’inscription : “Miseremini méi” (phrase tirée de Job) qui a permis de reconnaitre la reconstitution du PURGATOIRESt Michel joue son rôle de protecteur. Iconographie issue du pays catalan.

Un des anges tient des hosties, un autre porte une cruche, un pain et une chandelle, éléments présents lors de la messe des morts facilitant la délivrance des âmes.

La partie inférieure de la scène a disparu au profil d’un confessionnal masquant sans doute la base de la tour de la Jérusalem Céleste.


image1, StMichel

St Michel et le Purgatoire - Conseil Régional - Ociitanie -



D. 2 - Saint Pierre et l’entrée au Paradis.

Des anges s’emploient à sortir des âmes des flammes pour les conduire auprès de St Pierre qui les accueille à l’entrée de la Jérusalem Céleste par laquelle accèdent les âmes sauvées du Purgatoire. Le Paradis est représentée par un rempart agrémentée d’une tourelle au toit pointu. Un ange sonne un son joyeux en son sommet grâce à un olifan.

St Pierre possède une robe aux plis raides et tuyautés


image1, StPierre

Photo du Conseil Régional - Ociitanie -



  • D.1 - Le couronnement de la Vierge.

La partie inférieure a été détruite lors de l’encastrement du confessionnal dans le mur.


image1, Pardis

Le couronnement de la Vierge - Conseil Régional - Ociitanie -


Passé ce rempart, la Jérusalem Céleste se concrétise par le Couronnement de la Vierge qui se tient agenouillée et les mains jointes tandis que le Père, à la tête ceinte de la tiare pontificale, et le Fils, au nimbe crucifère, accompagnés de la colombe St Esprit s’unissent pour poser la couronne sur la tête de Marie.


image1, Ange


CONCLUSION DES ANALYSES TECHNIQUES ET STYLISTIQUES de Marie-Pasquine SUBES-PICOT :

N’ont été conservés ni testaments, ni comptes de fabrique, ni statuts d’une confrérie, ni règlements à l’usage des prêtres obituaires qui puissent nous renseigner sur le contexte de la commande de ces peintures.

Ces peintures murales sont représentatives de l’univers mental et culturel de la population de l’âge roman.

Dans un souci d’harmonie, une même frise ornementale a été sollicitée sur les 3 parties de l’édifice. Elle confère une unité à l’ensemble peint.

L’analyse stylistique a permis de concevoir que la disparité des scènes témoigne de l’activité de plusieurs artistes, de au moins 3 mains différentes, mais il est difficile de préciser la répartition des tâches.

  • Les savants plissés sur les vêtements et un traitement particulier des drapés sont une sorte de “marqueur stylistique” tout comme les ailes des anges aux plumes courtes et arrondies terminées par de longues rémiges pointues. Les traits des visages sont fins, les yeux sont marqués d’une épaisse paupière.

  • Une autre main a dû composer la scène du jugement dernier ne l’encombrant d’aucun élément superflu, la laissant épurée pour lui donner sa force.

  • A l’inverse, la cavalcade des vices est plus foisonnante de détails. L’Envie et la Colère présenteraient un mouvement identique de bras.

L’iconagraphie du purgatoire, centrée sur le thème de l’office des défunts forme un ensemble indivisible et original. La liturgie de l’office du défunt et particulièrement l’offertoire sont exceptionnels. Ce purgatoire apporte un témoignage de la croyance de la toute puissance de l’eucharistie pour le salut des âmes, une notion d’aide humaine par le biais des célébrations de l’office du défunt et une notion d’aide spirituelle par l’intermédiaire des anges, du Christ et de la Vierge.

Le motif de la trinité associé à celui du couronnement de la Vierge est assez répandu à la fin du Moyen Age.

Les représentations des différentes scènes font appel à des thèmes liturgiques et à des réflexions théologiques et dirigent les fidèles vers la pratique du culte.

Globalement, la teneur iconographique des peintures murales de MARTIGNAC parait surprenante pour un petit édifice rural. La ressemblance flagrante avec des décorations d’autres églises notamment à PUJOLS dans l’Agenais laisse penser que les artistes étaient itinérants, riches d’expérience et en documentations.

Ces peintures ont été exécutées entre les dernières années du XVe siècle et les 1ères années du XVIe s, à une périoce correspondant à la diffusion massive de la dévotion au Purgatoire dans les petites paroisses rurales.

(A titre indicatif, il en existe aussi à RAMPOUX, St Pierre de LIVERNON, TAURIAC, St Martin de MOISSAC et St Étienne de CAHORS,


imagefacesud680,

Photo de Philippe POITOU - 2010- Conseil Régional - Ociitanie -


PROJET NON ABOUTI :

Ce relevé de Marthe FLANDRIN fut exposé au Musée des Monuments Français au palais de Chaillot - Trocadéro - PARIS.


image1, RelevéFlandrin

La copie de Mme Flandrin réalisée en 1943, exposée au Palais de Chaillot, photographiée par Christian FRON en 2003.


  • Cette Photo a été prise en 2003 par M. FRON, membre de l’Office du Tourisme de PUY L’ÉVËQUE en visite au Musée des Monuments Français pour vérifier l’état de la reproduction après avoir lu un article dans un journal paru en 2002, mentionnant un incendie au Musée des Monuments Français. Un projet d’exposition de la photogaraphie de la reproduction des péchés capitaux dans la Chapelle St Michel de PUY L’EVÊQUE avait été évoqué par l’office du Tourisme.

  • En 2021, Marie-Paule BEAUDIENVILLE, historienne de l’art et propriétaire de l’Ostal Lychairie Haute remit en avant ce projet resté en suspens : “Exposer la photographie de la reproduction des péchés capitaux en taille réelle” (d’une dimension d’environ 8 m x 2.5 m). Le temps ayant quelque peu déterioré les peintures originales, la photographie de la copie en haute résolution aurait montré plus de détails que la scène originale à l’église de MaARTIGNAC.

Marie-Paule BAUDIENVILLE aurait commenté la technique et le style de l’oeuvre …

Les visiteurs intéressés auraient eu la possibilité de voir le cortège des péchés capitaux et les autres peintures murales in situ.

Une recherche effectuée, pour Marie-Paule BAUDIENVILLE par l’Association “PUY L’ÉVÊQUE - Patrimoine” et plus particulièrement par Colette FONTAINE, membre de l’association, a révélé qu’aucune photographie, en haute définition, n’avait été prise avant le rangement de cette copie dans des caisses appropriées à sa conservation.

Le musée avait connu un fléau : une profusion de papillons friands de la colle répartie sur les copies exposées menaçait l’avenr des toiles. La direction du musée a décidé en urgence, de les faire nettoyer. La surface d’exposition du musée étant limitée et la copie des péchés capitaux de MARTIGNAC n’ayant pas été selectionnée pour être exposée à nouveau, elle fut découpée savamment en lés avant d’être rangée dans des caisses de conservation.

La restitution de la copie en vue d’une photographie de qualité étant trop onéreuse, le projet a été définitivement abandonné.



image1,Avant1940

Fonds Massal - Église de Martignac avant 1940