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Église St Pierre Es Liens de MARTIGNAC

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DIEU “EN MAJESTÉ”", coiffé d’une tiare, assis sur un trône et vêtu d’un manteau rouge, bénit les visiteurs entrant dans l’église de MARTIGNAC depuis le Moyen Âge.


Les peintures murales de l’église St PIERRE ES MIENS de MARTIGNAC éclairent sur les mantalités religieuses de la fin du XVe siècle.

Ce qui nous a été chichement apporté par les sources écrites est heureusement complété par les peintures murales de l’église de MARTIGNAC. Ces peintures de la fin du XVe siècle pour l’essentiel, ont d’abord attiré l’attention des historiens de l’art comme il se doit. Plus récemment, en 1986, Michelle FOURNIÉ, historienne des mentalités et des comportements religieux, y a découvert un Purgatoire ( qui n’avait pas été identifié par ses prédécessurs) et précise la signification spirituelle de l’ensemble de ce décor éminament didactique. Les murs intérieurs de cet édifice, en grande partie peints, forment une sorte de catéchisme illustré, pour une large part accessible aux paroissiens, grâce aux commentaires du recteur." dit Jean LARTIGAUT."



Sources :

  • ASSAPE- 1974-1978- (d’après MM M. REY et E. BORSOOK)
  • Dess Patrimoine Toulouse - 1996-1997-
  • Marie-Pasquine SUBES-PICOT :1989- Les peintures murales de l’église St Pierre Es Liens de Martignac à PUY L’ÉVÊQUE- congrès archéologique de France - 1989 -
  • Le musée National des Monuments Français.
  • ARCHIVES DE PIERRE – Les églises du Moyen Âge du Lot- Conseil Régional de Midi-Pyrénées. Occitanie - 2011-
  • Didier LEGRAND / Pascal FOURNIGALT : Les peintures murales de l’église de MARTIGNAC - Etude et proposition pour la restauration - 1994-

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Face Sud de l’église St Pierre Es Liens de MARIGNAC


1. LA TOPONYME DE St PIERRE ES LIENS

Il désigne essentiellement des édifices religieux élevés en mémoire de l’apôtre.

St PIERRE Es LIENS fait référence à une dédicace, également appelée « fête des chaînes du Prince des Apôtres », établie par le pape Sixte III en 439 sur le mont Esquilin en commémoration de l’emprisonnement que le roi Hérode Agrippa fit subir, à Jérusalem, à l’apôtre Pierre en l’an 44. Hérode Agrippa, roi des Juifs, après avoir condamné à mort saint Jacques le Majeur en l’an 43, fit emprisonner Saint Pierre. Les fidèles, à la nouvelle de l’arrestation du chef de l’Église, se mirent aussitôt en prière, et Dieu les exauça.

Cette commémoration est fêtée le 1er août dans le christianisme occidental et le 16 janvier dans l’Église orthodoxe.


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La libaration de St Pierre de Bartolomé Esteban Murillo - 1667-


Le « Prince des Apôtres »,1er des douze et chef de l’Église naissante, chargé de chaînes, était gardé nuit et jour par seize soldats, dont quatre faisaient tour à tour sentinelle dans la prison autour de lui ; les autres gardaient les portes. La nuit même qui précédait le jour marqué pour l’exécution, Pierre dormait paisiblement au milieu de ses gardes, quand tout à coup la prison fut éclairée d’une lumière céleste. Un Ange apparaît, le réveille et lui dit : “Levez-vous promptement, prenez votre ceinture, vos vêtements et votre chaussure, et suivez-moi.” Au même instant les chaînes tombent de ses mains ; stupéfait, il obéit, et traverse sans obstacle, à la suite de l’Ange, le premier et le second corps de garde. Une porte de fer était à l’entrée du chemin qui conduisait à l’intérieur de Jérusalem ; cette porte s’ouvre d’elle-même. Ils vont ensemble jusqu’au bout de la rue, et l’Ange disparaît. Pierre avait cru que tout ce qui se passait n’était qu’un songe ; mais, persuadé alors de la réalité de sa délivrance, il en bénit le Seigneur en disant : “Je reconnais maintenant que Dieu a envoyé véritablement Son Ange et qu’Il m’a délivré de la main d’Hérode et de l’attente cruelle du peuple juif.” Il se rend alors à la maison de Marie, mère de Marc, son disciple, où se trouvait une foule en prière. Pierre frappe à la porte, et la jeune fille qui se présente pour ouvrir, ayant distingué la voix de Pierre, court l’annoncer dans l’intérieur de la maison. Personne n’y voulait croire : “Vous êtes folle !” dit-on à cette fille. “C’est son Ange,” disaient les autres. Pierre continuait à frapper. Quelle ne fut pas l’explosion de joie lorsque la porte fut ouverte et que l’on reconnut saint Pierre ! L’Apôtre raconta la merveille que Dieu venait d’accomplir. Les fidèles se firent un devoir de recueillir les précieuses chaînes de saint Pierre et les conservèrent avec un religieux respect. Plus tard, on recueillit aussi avec soin les deux chaînes vénérables portées à Rome par le chef des Apôtres. À peine furent-elles placées l’une près de l’autre, qu’elles s’unirent ensemble, de manière qu’il fut impossible d’y reconnaître aucune soudure.

Depuis ce temps, l’Église fait plus de cas de ces précieuses chaînes que des plus riches trésors, elles sont précieusement vénérées dans l’église de Saint-Pierre-aux-Liens

de Abbé L. Jaud : Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.



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Église de Martignac - La face nord.



2. LA DESCRIPTION DE L’EGLISE ST PIERRE ES LIENS DE MARTIGNAC

Cette église romane, de dimensions modestes (17m x 8 m) surplombe le hameau de MARTIGNAC. Construite en moellons équarris dans une pierre calcaire, assemblés par un mortier de chaux et de sable, elle est dotée d’une nef unique à deux travées, d’une abside en hémicycle voûtée en cul-de-four et d’un clocher surmontant par la partie occidentale de la 1ère travée. Le côté Est du clocher est réalisé en colombage. Les élévations conservent les trous de boulin bien alignés qui ont servi à élever les échafaudages. Elle a subit des modifications à plusieurs périodes.


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Plan de l’église de MARTIGNAC - - Relevé de Marthe Flandrin en 1943.


Cet édifice comprend :

  • Une abside de 20 m2 :

L’abside semi-circulaire est couvert d’un cul de four. Ce choeur en hémicycle est située à l’Est : direction de l’apparition du soleil à l’aube, là où la lumière triomphe des ténèbres, symbole de l’enseignement de Jésus qui apporte la lumière au monde. Elle présente une voûte en cul-de-four de 20 m2 couverte en lauzes de calcaire.

Sa corniche, simple bandeau chanfreiné, est soulignée par une suite de trous carrés réservés dans une assise. Le décor sculpté se limite à un élément d’imposte remployé lors de la réfection du portail au XIXe siècle.

La fenêtre d’axe et la fenêtre Nord de l’abside sont couvertes respectivement d’un arc appareillé et d’un arc monolithe en plein-cintre.

Le mobilier se résume à un autel-tabernacle en bois polychrome du XVIIe siècle, période de dévotion au Saint Sacrement et une table de communion du XVIIIe s (1773).


  • Une nef de 57 m2 :

Elle comprend 2 travées voûtées d’arêtes mais fut sans doute initialement charpentée.

A l’extrémité du son mur Ouest, est adossée une tribune avec un escalier tous deux réalisés en bois permettant l’accès au clocher.

2 bénitiers sont insérés dans le mur.

La porte d’entrée, percée dans le mur sud, est surmontée de l’inscription : “Restaurée sous l’administration de M. MERCIÉ en 1863”.

Maitre Jean Baptiste MERCIÉ (1839- 1876) fut le principal initiateur et maître d’ouvrage de la plupart des modifications de l’urbanisme réalisées à PUY L’ÉVÊQUE au XIXe siècle.

Un élément d’imposte, sculpté et remployé en haut du portail, représente les têtes de deux personnages dont une main apparaît sur un bâton au-dessus de triangles superposés.

Une statue en bois représentant ST PIERRE est incluse dans une corniche située en haut de ce portail.


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Sculpture de part et d’autre du portail d’entrée - Statue de St Pierre Es Liens de Martignac, H : 72 cm.


  • Une sacristie

Elle est accolée au nord rendant une baie aveugle.


  • Un clocher :

Ce clocher érigé sur l’extrémité Ouest de la nef est oblong, formé d’un mur pignon et d’une chambre de cloches en hourdis. Sa partie inférieure est attribué au XIIIe siècle. La partie supérieure a subi des modifications notamment aux XVIIe et XIXe siècles.

L’élévation Ouest a conservé son pignon d’origine. Sa surélévation en pierre de taille d’un bel appareil donne un bel élan à la perspective. Son pan-de-bois présente des trous d’encastrement de poutres qui laissent supposer l’implantation d’un hourd. (Galerie en charpente établie en encorbellement au sommet d’une muraille et utilisée pour le lancement de projectiles sur les ennemis).

Extrait du musée campanaire de l’ASSAPE

Le clocher comporte 2 cloches :

  1. SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM-

    Parrains : M. Pierre Adrien Fred, MIRAMBEL de MARTIGNAC-

    Marraine : Mme Marie Anna Nelli BORREDON, de TREBUZAT-

et M. JN BERGUES, curé.

  1. MARIE CONCUE SANS PECHÉ-

    Parrain : M. Hypolyte Antoine ALDHUY-

    Marraine : Mme MARIN BERGUES, de GIGOUZAC-

et M. J. N. BERGUES, curé-

Fondeurs : LEVEQUE Père et fils à Montauban en 1876


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3. L’HISTORIQUE DE St PIERRE Es LIENS

L’histoire de l’église de MARTIGNAC, la vocation de son clocher à colombage et la présence de vestiges d’un monastère dans les propriétés voisines (tour de guet, portes en arcades murées ou salles voûtées) sont inconnues mais l'Ecclesia Martinhaco est mentionnée au XIIIe s puis au début du XIVe s dans des documents. Sa construction peut cependant être attribuer au XIIe siècle.

L’archiprétré de PESTILHAC rassemblaient les paroisses dans la mouvance des PESTILHAC ou du moins de leur château dominant le ruisseau de la Thèze mais aussi de la totalité de la châtellenie de PUY L’EVÊQUE… Plusieurs archiprêtres de PESTILHAC appartinrent à des familles de PUY L’EVÊQUE. dit Jean LARTIGAUT.



- XIIIe s :

Toutes les baies de l’édifice possèdent des linteaux échancrés caractéristiques du XIIIe siècle. Nef, chevet et partie inférieure du clocher dateraient aussi de cette même époque.

Le 1er document faisant mention de cette église apparait à cette époque, dans le plus ancien pouillé du diocèse de CAHORS. (Un pouillé, sous l’Ancien Régime, est un dénombrement de tous les biens et bénéfices ecclésiastiques d’une abbaye, d’un diocèse, d’une province … situés dans un domaine géographique donné).

On ignore tout de l’histoire de cette église. Aucune famille noble n’est mentionnée dans les archives les plus anciennes datant de 1290.

1227 fut l’année de l’acquisition par les Évêques de CAHORS de la châtellenie de PUY L’EVÊQUE.

Les Bénédictins Blancs de l’abbaye de MOISSAC entreprirent, à DURAVEL, la construction d’un monastère destiné au repos des évangélistes rentrant de pays lointains, principalement d’ASIE. Séduits par le site de MARTIGNAC, ils y auraient construit une annexe de DURAVEL.


A la Fin du XVe et au début du XVIe s :

Réalisation des peintures murales.


- Aux XVIe ou XVIIe s :

  • L’église est citée dans un pouillé, associée à l’église Saint-Martin de MAZERES.

  • Transformations structurelles : plafond de la nef. Construction de la couverture en voute d’arêtes sans doubleaux dont les retombées ont obturé les jours des façades Nord et Sud,

  • Percement de la nef sur la façade Sud, certainement celles qui existent aujourd’hui. Ces travaux ont endommagé les peintures murales sans doute déjà recouvertes de plusieurs couches de badigeon.

  • Construction probable de la partie médiane du clocher s’étageant entre la toiture de la nef et le sommet du clocher.

1774 est une date gravée à l’appui de la communion. Correspond-elle à la réalisation de ces travaux, comme l’estiment quelques historiens?


- Au XIXe s :

  • 1801 : MARTIGNAC est rattaché à la paroisse de PUY L’ÉVÊQUE.

  • 1805 : Un procès-verbal sur les 27 églises du canton stipule que le presbytère de MARTIGNAC vient d’être racheté avec le jardin depuis peu moyennant 1 200 F, que le cimetière est clôturé et qu’il possède une croix en pierre au milieu.

  • 1846 : un rapport du maire, à l’intention de M. le préfet signale :

«Il est surprenant qu’il ne soit jamais arrivé aucun accident au sonneur, en montant ou en descendant une échelle de main d’une hauteur prodigieuse qui, se trouvant en permanence dans l’église, offre un mauvais aspect à la personne qui y entre» il poursuit en demandant « une tribune dont l’escalier servirait à monter au clocher et sur laquelle se placerait un grand nombre de personnes dont la nef serait ainsi débarrassée… la paroisse étant dans l’impossibilité de fournir aux frais de construction d’une chapelle ». A noter que cette demande est antérieure à la date de fonte des cloches actuelles.

Travaux au presbytère : Dans ce rapport, il est mentionné aussi que « une partie du presbytère existe depuis un temps immémorial et appartient à la commune, l’autre partie est en état de construction à l’aide d’une imposition extraordinaire sur les habitants de la paroisse et que 300F sont attribués par la commune pour donner plus de confort au presbytère et permettre son entier achèvement.

  • 1863 : Date figurant sur le linteau de l’entrée : RESTAURÉE SOUS L"ADMINISTRATION DE M. MERCIÉ EN 1863. Le maire en exercice :M Jean-Baptiste MERCIÉ semble avoir modifier l’entrée de l’église, en témoigne la rupture des peintures intérieures.

Le nom de l’église est gravée sur la voussure du tympan qui lui, est creusé d’une niche contenant une statue en bois de St Pierre Es Liens.


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Portail d’entrée de l’église de MARTIGNAC


  • 1876 : Sur la demande du “conseil de fabrique”, la municipalité acquiert un terrain pour créer un nouveau cimetière. Le souhait est «d’en faire un jardin de fleurs pour nos autels, fermé à tous les divertissements profanes sous la surveillance quotidienne du desservant et de l’approprier par des allées à nos processions dominicales».

La fabrique, au sein d’une paroisse catholique, désigne un ensemble de « décideurs » (clercs et laïcs depuis le Concile de Trente (1545-1563) nommés pour assurer la responsabilité de la collecte et l’administration des fonds et revenus nécessaires à la construction puis l’entretien des édifices religieux et du mobilier de la paroisse : église(s), chapelle(s), calvaire(s), argenterie, luminaire(s), ornement(s), etc.

Les revenus de la fabrique provenaient des quêtes, offrandes, dons en nature, loyers et fermages, legs mais aussi de la location des places de bancs dans l’église qui fournissaient un revenu régulier (bien souvent perçus annuellement à date fixe) pour la fabrique.

  • 1876 est une date inscrite sur les cloches indiquant leur date de fonte. Il est possible que la partie supérieure du clocher ait été modifiée à cette date pour y installer les cloches.

- Au XXe s.

  • 1903 : 1ère réfection de la toiture de l’église, du clocher et de la sacristie.

Un devis de 1298 F précise que la couverture en pierre plate du pays sera remplacée par une couverture en tuiles mécaniques ardoisées après la restauration de la charpente.

  • 1918 : A la fin de la guerre 1914-1918 , “abandon de la Fabrique qui n’a pas permis de garder en état le toit et les murs.

  • 1926 : Rattachement de MARTIGNAC à la paroisse de PUY L’ÉVÊQUE

  • 1938 : Quelques morceaux de plâtre détachés du mur et révélant des morceaux de dessins en couleur alertent l’abbé CASSAGNADE, curé doyen de PUY L’ÉVÊQUE. Avec patience et habileté, il met à jour, avec l’aide d’un couteau, une des plus belles peintures murales du QUERCY datant du XIVe siècle. La presse rendit compte de cette découverte sous la plume de R. REY.

(A titre indicatif, il en existe aussi à RAMPOUX, St Pierre de LIVERNON, TAURIAC, St Martin de MOISSAC et St Étienne de CAHORS,


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Né à Marminiac, l’abbé Martin Cassagnade a été curé de PUY L’ÉVÊQUE de janvier 1926 juqu"à sa mort en 1940. Fonds MAYSSAL-


L’ASSAPE relate dans son fascicule intitulé : Notre patrimoine de mai 1998 :

Avec une patience infatigable et une habileté surprenante, muni de simples couteaux et perché sur ses échelles, la soutane protégée par un grand tablier bleu de jardinier, l’abbé Martin CASSAGNADE, dont beaucoup d’entre nous gardent le souvenir, passait de longues heures à gratter et à remettre à jour de splendides peintures murales de XVe siècle qu’un épais badigeon de chaux avait occultéées vraisemblalement lors de la construction de la voûte au XVIIe siècle.

  • 9 juillet 1943 : L’église de MARTIGNAC est classée Monument historique. (par la Société française d’Archéologie, Musée des Monuments Français, Palais de Chaillot, 1 Place du Trocadéro – 75116 PARIS.

  • Fin 1943 : Melle Marthe FLANDRIN et en 1947, Melle A. DEBES, désignées par le ministère des beaux-Arts exécutent la copie des peintures pour le Musée des Monuments Français. C’est dire leur valeur artistique.

  • 1948 : 7 ans après le signalement d’absence d’entretien, des dépenses sont enfin engagées dans ce sens : Restauration de la toiture du chevet et des peintures du chœur.

Des photos antérieures à la restauration montre l’ampleur des retouches réalisées. Les Vertus et Nicodème (sur la mise au tombeau) ont été alors fortement remaniés.

  • 1852-1855 : Restauration.

  • 25 octobre 1974 : Le hameau de MARTIGNAC est inscrit sur le registre l’inventaire des sites pittoresques du Lot.

  • 1974 : D’importantes restaurations de l’église se réalisent :

  1. Assainissement au niveau du mur nord (création d’un drain de 60 cm de profondeur effectué manuellement du fait de l’inaccessibilité d’un engin et application d’un enduit hydrofuge sur le mur) pour favoriser l’écoulement des eaux.

  2. Réparation de la toiture, recouvrement du clocher et de la nef en tuiles plates vieillies, et du chevet en lauze de pierre (Toiture mise en place malgré l’avis défavorable des Bâtiments de France car elle ne respecte pas le couvrement originel de l’édifice).

  • 1981 : Restauration des peintures du chœur par les Beaux-Arts.

Des infiltrations d’humidité ont peu à peu détérioré les peintures et ont atténué leurs couleurs, très vives au moment de leur mise à jour. La mairie et les Beaux-Arts prennent en charge ces travaux pour une somme de 60 000 F chacun.

  • 1986 : Michelle FOURNIÉ, historienne des mentalités et des comportements religieux, étudie sur le plan iconographique la représentation du purgatoire qui n’avait pas été identifiée par ses prédécesseurs.

  • Janvier 1994 : Une étude et proposition pour la restauration a été réalisée grâce à l’initiative des memebres de l’Association “LES VIEILLES PIERRES DE MARTIGNAC” et notamment avec Mme Genviève LOTY.

Cette étude était signée par Didier LEGRAND, restaurateur d’oeuvre d’art et Marie-Christine DELAVERGNE, ingénieur de recherche en physique-chimie. Elle précise que :

o “la base des murs et donc des peintures a souffert de manière très visible d’un problème d’infiltration due à un amoncellement de terre d’une grande épaisseur (jusqu’à 1.5 m) le long des murs extérieurs Nord et Sud de la nef.

o il existe une abrasion généralisée de la couche picturale due certainement aux moyens utilisés pour l’enlèvement du badigeon exception faite de la scène de la Vierge.

o des zones étendues de retouches datant sans doute de 1974, date des dernières restaurations.

o que le comatage des lacunes (en ciment) recouvre preque toujours la couche peinte originale sur leur pourtour.

  • 1994-1996 : Travaux de drainage pour l’assainissement des maçonneries.

  • 1998 : Restauration des peintures de MARTIGNAC :

o Injection de coulis “Torraca” ou de résine pour rétablir l’adhésion du support mural.

o Élimination de quelques zones en ciment recouvrant les peintures.

o Nettoyage de la couche picturale.

o Élimination des repeints à l’aide de solvants et retouche par piquetage des abrasions de la couche picturale en utilisant la technique du Tratteggio, laissant en évidence les interventions récentes.

o Analyses scientifiques effectuées si ncessaires pour affiner les techniques conservatoires.


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Vue d’ensemble de l’intérieur de l’église depuis la tribune.


4. LES PEINTURES MURALES : Les murs Nord et Sud de la nef de L’église ST Pierre Es Liens sont ornés de peintures murales remontant à la fin du XVe siècle comme l’indique le costume de la Luxure : sa coiffe était à la mode à l’époque d’Anne de Bretagne, à la fin du XVe siècle. La période charnière entre le XVe et le XVIe siècles fut celle de la diffusion de la dévotion au purgatoire et c’est ce que montre les peintures de Martignac.

Environ 150m2 de peintures murales recouvrent l’abside, le cul de four et les murs nord et sud de la nef sur toute leur longueur. Elles ont été peintes sur un enduit de chaux presque pur de 3 mm puis ont été recouvertes ensuite d’un mortier à la chaux très chargé en quartz. Les couleurs utilisées sont restreintes : des ocres jaunes et rouges cernés de noir, de peinture monochrome dite “en camaieu ou en grisaille”.

Les murs intérieurs étaient sans doute entièrement ornés de peintures masquées puis ces peintures ont été masquées par un enduit et oubliées. Les modifications ne les ont pas révélées.


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Emplacement des peintures sur le plan de l’église - Relevé de Marthe Flandrin en 1943.


CET ENSEMBLE D’IMAGES PEINTES A LA FIN DU MOYEN AGE DANS UNE ÉGLISE RURALE EST EXCEPTIONNELLEMENT RICHE ET COMPLET.

Plusieurs artistes ont certainement collaboré à la réalisation de cet ouvrage mais il est très difficile de préciser la répartition des tâches.

N’ont été conservés ni testaments, ni comptes de fabrique, ni statuts d’une confrérie, ni règlements à l’usage des prêtres obituaires qui puissent nous renseigner sur le contexte de la commande de ces peintures.


1. Les décors peints Au niveau de l’abside : 3 registres de peintures A, B et C :


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Schéma du choeur et localisation des iconographies. - Relevé de Marthe Flandrin en 1943.


A. Les décors peints au niveau du registre supérieur - Peintures réalisées à la fin du XVe s.

Au centre du cul-de-four, dominant le sanctuaire et sur un fond parsemé d’étoiles, DIEU EN MAJESTÉ, bénit de sa main droite et tient, de l’autre main, le globe tripartite surmonté d’une croix à double traverse.

Il est entouré des symboles des 4 évangélistes portant les phylactères indiquant leur nom.
l’aigle pour St Jean, l’ange pour St Mathieu, le lion pour St Marc , le taureau pour St Luc.

Dieu (et non le Christ usuellement présent au XVe s dans le cul-de-four des églises) est représenté intentionnellement massivement, coiffé de latiare pontificale à 3 couronnes, assis sur un trône et vêtu d’un manteau rouge. Ses yeux sont manifestement très grands.

Cette figure centrale, placée dans l’axe de l’église prend toute sa force lorsqu’elle est mise en rapport avec l’iconographie des grandes scènes développées sur les murs latéraux.


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Dieu en majesté


B. Les décors peints au niveau du registre médian - Peintures réalisées à la fin du XVIe sou au début du XVIIe s. : Les Vertus:

Sept femmes personnifient les Vertus sur le pourtour de l’abside entre 2 frises de couleur rouge : qualités morales nécessaires pour accéder au Paradis. Ces Vertus dont la sagesse semble contenue dans ces ouvrages savants sont peu communes.

Elles sont séparées par des colonnettes peintes, surmontées de dais en arc trilobés ou en accolades.

Leurs vêtements sont singuliers, confectionnés de riches drapés bouillonnants aux plis profonds et aux chutes complexes avec des nœuds flochés (dont la torsion est faible) assortis de coiffures enturbannées, exubérantes, d’où ressortent des rubans flottants. Elles portent toutes un livre ouvert ou fermé. Chacune d’elles est pourvue d’attributs permettant leur identification.

Ces Vertus sont représentées en camaïeu gris au moyen d’un jeu de hachures (entrecroisement de petits traits noirs plus ou moins fins sur fond blanc évoquant la technique de la peinture flamande du XVe siècle sur panneaux), relevé d’ocre orangé pour les carnations. Elles se détachent sur un fond gris sombre pour donner l’illusion de statues dans des niches.

Cette pratique en peinture murale est unique dans le sud-ouest. es effets stylistiques font référence aux écoles du Nord.

Les 3 vertus Théologales (qui ont Dieu pour objet :

  • B. 1 - La foi (la disposition à croire aux vérités révélées)

  • B. 2 - L’Espérance (la disposition à espérer la béatitude) - Elle n’est identifiable que par déduction d’où le ?. Elle porte un livre fermé sous son bras droit, sa main repose sur un instrument posé sur ses genoux. De l’autre côté, elle présente un étrange édicule ressemblant à une pièce d’orfèvrerie surmontée d’un petit personnage tenant une bannière. Elle est placée entre les 2 autres Vertus théologales.

  • B. 3 - La Charité (aussi dite “amour” puisque c’est l’amour de Dieu, de soi-même et de son prochain pour l’amour de Dieu.) -

La Charité n’est identifiable que par déduction doù le ?. Elle porte un livre fermé sous son bras droit, sa main repose sur un instrument posé sur ses genoux. De l’autre côté, elle présente un étrange édicule ressemblant à une pièce d’orfèvrerie surmontée d’un petit personnage tenant une bannière. Elle est placée entre les 2 autres Vertus théologales.

Cette représentation de la Charité ne répond à aucun des modèles français ou italiens répertoriés par Emile Mâle (Historien d’art français et membre de l’Académie française, Émile Mâle fut un spécialiste de l’art chrétien médiéval et a laissé une œuvre importante, qui compte de nombreuses monographies sur les églises et cathédrales de France) pour la fin du Moyen Age.


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Les vertus cthéologales : B.1. La foi, B.2. l’Espérance et B.3. la charité (?) - Photos du Conseil Régional- Occitanie-


Les 4 vertus cardinales (vertus qui jouent un rôle charnière dans l’action humaine, notamment dans la doctrine morale chrétienne,)

  • B. 4 - La justice (L’idée est de traiter les autres de manière impartiale et équitable.)

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La vertu cardinale : B.4. la Justice - Photos du Conseil Régional - Occitanie-

  • B. 5 - La Force (Le Combat et la résistance contre l’adversité du mal)

  • B. 6 - La Tempérance (Elle assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l’honnêteté.). possède une coiffe à résille perlée et transvase un liquide (Met elle de l’eau dans son vin?). Définition de Tempérance : Modération dans les plaisirs (mesure), notamment dans la consommation d’alcool et de nourriture (frugalité, sobriété).

  • B. 7 - La Prudence (La sagesse dispose de la raison pratique à discerner, en toutes circonstances, le véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir). Elle lit dans le miroir de l’avenir qu’elle tient de la main droite ; dans sa main gauche, elle tient un livre ouvert. A ses pieds se trouve une forme difficilement identifiable.


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Les Vertus cardinales : B.5. La force - B.6. La Tempérance et B.7. La Prudence - Photos du Conseil Régional - Occitanie-


C. Les décors peints au niveau du registre inférieur : Peintures réalisées à la fin du XVe s.

C.1 - La mise au tombeau

Les protagonistes de cette scène figurent en pied, devant le corps du Christ allongé sur une tenture grise partiellement perceptible alors qu’elle habillait tout le périmètre inférieur de l’abside.


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Mise au tombeau - Fonds MAYSSAL - Année 1990


C.2 - les anges de la courtine.

Disposés à mi-coprs sur les zones centrales et méridionale de l’hémicycle, les quatre Anges à la courtine (Mur de fortification rectiligne, compris entre deux bastions) tiennent cette tenture grise bordée d’un galon jaune dans sa partie supérieure. Ils regardent tous vers le bas ; les 2 premiers aux ailes déployées regardent à leur gauche tandis que les 2 suivants aux ailes repliées regardent vers leur droite.


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2 Anges de la courtine- Photos de Philippe POITOU - 2010- Conseil Régional - Ociitanie -



Les décors peints au niveau du mur Nord de la nef : 2 registres


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Emplacement des Peintures - Relevé de Marthe Flandrin en 1943.


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Photographie du mur Nord. - Conseil Régional - Ociitanie -


  • E.1 Registre supérieur : Scènes du jugement dernier

Ce décor est mutilé par l’adjonction des voûtes d’arêtes. En haut de la seconde travée, Saint Jean-Baptiste, vêtu de sa mélote (généralement, peau de mouton ou peau de brebis avec sa toison), est agenouillé au pied d’un arc-en-ciel. Il devait intercéder auprès d’un Christ-juge aujourd’hui disparu.


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La dualité entre les 2 lieux de l’au-delà : L’enfer et le Paradis - - Conseil Régional - Ociitanie -


En contrebas, dans un décor ponctué d’étoiles rouges, sont répartis les réssusités. L’agitation est perceptible sur la droite : de petits personnages sont représentés la tête en bas ou s’arrachant les cheveux. Des pattes griffues apparissent par endroit. C’est une évocation de l'Enfer. Et une femme aux longs cheveux semblent damnée.

Dans une atmosphère plus calme, à droite du Christ, des réssusités sortent de leurx tombeaux et un ange s’affaire à reconstituer un squelette afin de faciliter la résurrection des chairs : une référence à la vision d'Ezéchiel aux ossements déséchés qui reprennent vie…Ce motif se retrouve dans quelques représentations du Jugement dernier. La gueule du Léviathan occupait-elle l’emplacement où manque la matière pictuarale ? seul un tracé d’écailles est encore visible ? - Ne serait-ce pas Une évocation imagée de l’ENFER ?

Sur la partie gauche, juste en haut de l’ange assemblant les os d’un squelette, sont représentés des enfants nus, chauves, asexués et en prière, groupés dans un linge, têtes levées en direction de l’arc-en-ciel et prêts à être emportés par un ange gracieux, dans un mouvement ascensionnel, vers le Christ-juge au-dessus de la baie. Serait-ce là une métaphore du PARADIS ?

3 manuscrits du XIVe siècle construite à l’identique, (2 dans des bréviaires d’origine ibérique et 1 dans un missel) opposent d’une part des élus embarqués dans un linge et d’autre part la gueule du Léviathan, la dualité entre les 2 principaux lieux de l’au-delà. Ces manuscrits auraient appartenu à un groupe commun.


Une frise composée de 3 bandes horizontales superposées sépare les 2 registres du Mur Nord.


  • E. 2 - Registre inférieur - La cavalcade des 7 péchés capitaux.

Le cortège des vices est composés de personnages chevauchant divers animaux et symbolisant de Gauche à Droite :

l’orgueil - L’avarice - la luxure - l’envie - la gourmandise - la colère et la paresse. Mais 6 parmi les 7 ont été conservés : L’orgueil a disparu.

Ces péchés ne convergent pas vers la tête du Léviathan comme le veut la tradition de ce thème. Devant le cortège apparaissent des jambes d’au moins 3 démons qui viennent à leur rencontre. Hélas la disparition de la scène ne permet pas d’en savoir davantage.

A noter que tous les démons se dirigent vers les péchés et n’existent dans aucune autre composition analogue. Chacun d’eux porte un nom directement venu de la mythologie de l’Asie occidentale mentionnés au dessus d’eux alors que le nom des péchés est inscrit dans la frise soulignant la composition.


image1, Péchés

Cortège des péchés Capitaux -Conseil Régional - Ociitanie -


L'ORGUEIL devrait être en tête de cortège comme le veut la tradition de ce thème mais a disparu. Il ne subsiste que les pattes et la queue du lion qui le portait.

  • Le 1er : L'AVARICE est reconnaissable grâce à sa grosse bourse et à sa corde au cou. Les autres péchés sont reliés par une grosse chaine.

  • Le 2ème : La LUXUREest juchée sur une chèvre et se regarde dans un miroir soutenu par un démon. Elle relève sa robe rouge dans un geste provocateur. Les pans de sa coiffe encadre son visage au front bombé.

  • Le 3ème : L'ENVIE est à cheval sur un gros chien tente d’attraper un objet que lui tend un démon.


image1, Avarice

Avarice, Luxure et Envie - Conseil Régional - Ociitanie -


  • Le 4ème : La GOURMANDISE est représentée par le plus truculent des personnages au nez rouge et à la face avinée. Affalé sur un porc sauvage, il tient un verre de vin et s’apprête à mordre dans un jambon encouragé par le démon qui lui tient la tête.

  • Le 5ème : La COLERE, transportée par un chien, porte une épée avec l’aide de son démon à la langue fourchue qu’il dirige vers lui-même.

  • Le 6ème : La PARESSE ferme la marche en tenue débraillée, à cheval sur un âne. Son démon possède les ailes d’une chauve-souris.


image1, Gourmandise

Gourmandise, Colère et Paresse - Conseil Régional - Ociitanie -


Sur ce mur Nord, par 2 fois L'ENFER est évoqué mais n’est pas matérialiser.

Une frise souligne les péchés capitaux

Les décors peints au niveau du mur Sud de la nef :

Ils présentent aussi un grand intérêt iconographique. Ils font écho au Jugement dernier qui se situe sur le mur opposé.


image1, MurSud

Emplacement des Peintures - Relevé de Marthe Flandrin en 1943.

  • D. 3 - Saint Michel et le Purgatoire .

St Michel, d’une taille supérieure aux autres anges, brandit son épée pour pourfendre le démon qui aurait occupé la partie inférieure du tableau. Seules, des petites têtes ont été préservées et dépassent du bouquet de flammes. Elles sont accompagnées d’un phylactère contenant l’inscription : “Miseremini méi” (phrase tirée de Job) qui a permis de reconnaitre la reconstitution du PURGATOIRESt Michel joue son rôle de protecteur. Iconographie issue du pays catalan.

Un des anges tient des hosties, un autre porte une cruche, un pain et une chandelle, éléments présents lors de la messe des morts facilitant la délivrance des âmes.

La partie inférieure de la scène a disparu au profil d’un confessionnal masquant sans doute la base de la tour de la Jérusalem Céleste.


image1, StMichel

St Michel et le Purgatoire - Conseil Régional - Ociitanie -



D. 2 - Saint Pierre et l’entrée au Paradis.

Des anges s’empoient à sortir des âmes des flammes pour les conduire auprès de St Pierre qui les accueille à l’entrée de la Jérusalem Céleste par laquelle accèdent les âmes sauvées du Purgatoire. Le Paradis est représentée par un rempart agramentée d’une tourelle au toit pointu. Un ange sonne un son joyeux en son sommet grâce à un olifan.


image1, StPierre

Photo du Conseil Régional - Ociitanie -



  • D.1 - La scène du couronnement de la Vierge.

La partie inférieure a été détruite lors de l’encadtrement du confessionnal dans le mur.


image1, Vierge

Le couronnement de la Vierge - Conseil Régional - Ociitanie -


Passé ce rempart, la Jérusalem Célest se concrétise par le Couronnement de la Vierge qui se tient agenouillée et les mains jointes tandis que le Père, à la tête ceinte de la tiare pontificale, et le Fils, au nimbe crucifère, accompagnés de la colombe St Esprit s’unissent pour poser la couronne sur la tête de Marie.



Ces peintures murales sont représentatives de l’univers mental et culturel de la population de l’âge roman.

L’analyse stylistique a permis de concevoir que la disparité des scènes témoigne de l’activité de plusieurs artistes. Dans un souci d’harmonie, une même frise ornementale a été sollicitée sur les 3 parties de l’édifice. L’observation attentice de l’ensemble des figures permet de déceler au moins 3 mains différentes.

  • Les savants plissés sur les vêtements et un traitement particulier des drapés sont une sorte de “marqueur stylistique” tout comme les ailes des anges aux plumes courtes et arrondies terminées par de longues rémiges pointues. Les traits des visages sont fins, les yeux sont marqués d’une épaisse paupière.

  • Une autre main a dû composé la scène du jugement dernier ne l’encombrant d’aucun élément superflu, la laissant épurée pour lui donner sa force.

  • A l’inverse la cavalcade des vices est plus foisonnante de détails. L’Envie et la Colère présenteraient nt un mouvement identique de bras.

Globalement, la teneur iconographique des peintures murales de MARTIGNAC parait surprenante pour un petit édifice rural. La ressemblance flagrante avec des décorations d’autres églises notamment à PUJOLS dans l’Agenais laisse penser que les artistes étaient itinérants.

Ces peintures ont été exécutés entre les dernières années du XVe siècle et les 1ères années du XVIe s, à une périoce correspondant à la diffusion massive de la dévotion au Purgatoire dans les petites paroisses rurales.

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Photo de Philippe POITOU - 2010- Conseil Régional - Ociitanie -