L’histoire de la construction est intimement liée au terroir, à la disponibilité des matériaux que fournit la nature et aux techniques de construction pratiquées.
Sources :
- le comptoir des maçons.
- Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle.
- Demeures du Moyen âge dans le Lot- Les archives de pierre.
- Jacques MAYSSAL : PUY L’ÉVÊQUE, Découverte et mémoire de mon village.
- Jean LARTIGAUT : « PUY L’ÉVÊQUE au Moyen Age - et - Les moulines à fer du Quercy vers 1440 - vers 1500.
- Quercy recherche.
- INRAP : Institut national de recherches archéologiques préventives.
- Anne-Laure Napoleone : Pans de bois antérieurs à 1450 dans les régions du Sud-Ouest.
Les pierres en calcaire gréseux des maisons de PUY L’ÉVÊQUE, extraites de son sol possèdent une teinte particulière qui donne, à la tombée du jour, un cachet supplémentaire au bourg médiéval.
La Brique, le Bois et le Fer sont aussi des matériaux de construction issus du sol local.
Le peuple du Haut Moyen Age a délaissé dès le XIe siècle, les habitations en bois pour en construire de plus résistantes aux offensives, aux incendies et de ce fait, à l’épreuve du temps. L’émergence de sociétés de plus en plus solides et structurées généralisa l’emploi de la pierre pour des constructions durables.
Extrait de : « la culture du caillou dans le Quercy de deux architectes Anna Hermine et Pénélope Przybylko intervenant sur des projets de rénovation de bâtiments anciens dans le Lot.
« Les villages du Lot sont tous entièrement construits en pierre de pays. Du sol est né le bâti : les fondations reposent sur le caillou ; les façades ont été montées en déterrant les pierres des champs pour rendre les terres arables, générant autant de moellons pour remplir les murs entre chaînes d’angles, linteaux, jambages et allèges. En surface des sols, on effeuillait des lauzes servant à la couverture ; dans un second temps, des filières de tuiles en terre cuite se sont structurées. La culture de la pierre est historique sur cette terre karstique et comme les paysans(nes) d’autrefois, on pourrait continuer à clamer « Ici, on fait pousser les cailloux ! ».
Le Quercy, ancienne province de la Haute Guyenne où poussent essentiellement chênes, châtaigniers et genêts, ne manque effectivement pas de pierres ; un peu partout, la roche affleure. La pierre naturelle a constitué le matériau de base des constructions mais encore fallait-il l’extraire et l’équarrir. La brique (pierre artificielle) et le bois, aux coûts de production moindres, étaient présents dans les ossatures des demeures les plus modestes et particulièrement au niveau des étages. Quant au fer, il était indispensable à la fermeture des ouvertures.
L’essor démographique du XIIIe siècle a contraint les villes et les bourgs à augmenter leurs superficies habitables. Le mode d’occupation du sol fut bien différent de celui du milieu rural. Le manque d’espace à l’intérieur des enceintes a provoqué le développement des maisons en hauteur avec des étages souvent additionnés en encorbellement.
Maîtres d’œuvre, carriers, tailleurs de pierre, maçons, charpentiers et forgerons œuvraient sur les chantiers, chacun dans leur spécialité.
L’art de la construction exigeait de bonnes notions en géométrie (l’aplomb, le niveau), de sérieuses compétences techniques (traçage, mesurage, levage et échafaudage…), une solide connaissance des matériaux et un savoir-faire spécialisé. L’association des matériaux répondait à des nécessités de plusieurs natures : prestance, spécificité, coût…
Fondations, murs, ouvertures, tours, voûtes, charpentes, arches et ornements marquent une époque qui fait encore maintenant, partie du patrimoine architectural.
De Eugène Viollet-le-Duc (1814 - 1879)
« Le chantier des cathédrales met en valeur une distinction croissante entre les métiers. Une véritable supériorité est accordée aux maçons, tailleurs de pierre, charpentiers et, à un autre degré, aux métiers du fer et du feu, aux serrurier et aux verriers[. L’ouvrier se trouve au plus haut degré de l’échelle intellectuelle »
Les premiers métiers reconnus entre le commencement du XIIIe siècle et la fin du XIVe siècle sont les tailleurs de pierre, les charpentiers, les menuisiers et les serruriers.
De puissantes corporations et confréries ont été créées dès le XIIIe siècle, regroupant les ouvriers issus d’un même métier pour défendre leurs intérêts et réglementer leurs professions, dans le respect d’un statut hiérarchique entre Maîtres, Compagnons et Apprentis.
De Eugène Sol – L’industrie en Quercy.
« Le siècle le plus grand à tous les points de vue pour le Quercy fut incontestablement le XIIIe siècle : UN GRAND SIECLE POUR LE QUERCY »

LES DIFFÉRENTS MATÉRIAUX DE CONSTRUCTIONS : PIERRE, BRIQUE, BOIS ET FER ET LEURS UTILISATEURS.
1. LA PIERRE - 
St Thomas est le Saint Patron des maçons.
A partir du XIIe siècle, le besoin en pierres fut tellement abondant que de nombreuses carrières s’établirent à ciel ouvert ou souterraines. Pour ériger plus rapidement les élévations, la taille de la pierre en forme de moellon ou pavé s’imposa.

Façade Nord de l’église, 1ère travée érigée au XIVe siècle. Blocs de pierre réguliers en calcaire gris et grès jaune.
Le travail de la pierre était laborieux, long et coûteux. De l’extraction de la pierre jusqu’à la construction d’une demeure, plusieurs spécialistes dans le travail de la pierre entraient en oeuvre :
Le carrier :
La pierre naturelle fut à toutes les époques d’un emploi courant dans la construction des bâtiments et ouvrages d’art.
Au Moyen-âge, les chantiers de construction étaient alimentés en pierres issues des carrières situées à proximité des chantiers dont l’exploitation était autorisée par le propriétaire (seigneur). Le Maître carrier était l’entrepreneur qui ouvrait une carrière, le carrier était l’ouvrier qui travaillait à l’extraction de la pierre.
Tout d’abord, il fallait découvrir des bancs de pierre propres à produire les pierres, dures ou tendres, compatibles avec leur destination. Puis, sous la demande pressante en pierres, les carriers progressèrent plus en profondeur dans les collines pour atteindre des masses de pierre de meilleure qualité. Là, la méthode d’extraction consistait à enlever de la masse exploitable tout en conservant des piliers naturels pour soutenir la voûte. Le travail était pénible dans ce milieu minéral, froid et hostile et s’ajoutaient les risques d’effondrement,
Pour extraire les blocs de rocher, les « trancheurs » creusaient à l’aide d’un pic des tranchées étroites et verticales de part et d’autre des bans de pierre, de façon à les isoler. Une dernière rainure était tracée sous le bloc dans laquelle étaient insérés des coins métalliques. En les frappant à coups de masse, les carriers détachaient ces blocs qui devaient être ensuite tirés par des bœufs. Un charretier acheminait les blocs de pierre jusqu’au chantier avec son attelage de bœufs.
Dans les gisements, les carriers étaient capables de distinguer :
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les différentes qualités de pierre,
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leurs usages de destination : construction, lauze, dallage, sculpture ou pierres tombales,
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et la méthode de découpe.
A la fin de l’exploitation, le carrier remettait la carrière en état de labour, chemins dégagés et puits d’extraction ou d’aération bouchés.
L’intérêt des archéologues pour les activités d’extraction est né au moment du développement du chemin de fer pour lequel la reprise d’activité des grandes carrières s’avérait nécessaire. Ils scrutèrent alors remblais, fronts de taille et sols pour tenter de découvrir l’emplacement des carrières exploitées à une époque anté-rieure.
De Demeures au moyen âge dans le Lot - Les archives de pierre-.
« Aucune carrière médiévale n’a été localisée avec précision dans le département , nombre d’entre elles étaient sans doute de petites exploitations à ciel ouvert. »
De Jean Lartigaut, concernant PUY L’ÉVEQUE dans son ouvrage : “PUY L’ÉVÊQUE au Moyen Age.
« L’ouverture de bonnes carrières aux abords des barris de PUY L’ÉVÊQUE dès la fin du XIIIe siècle, aux Peyrières, à Las Martres et au-delà, vers Martignac ne pouvaient que favoriser l’artisanat. » Jean Lartigaut
Localisation des Martres et des Peyrières, de Jean Lartigaut :
A la fin du XIIIe siècle, ce terroir dels Cambos s’étendant du ruisseau au port du Meure constituait un dimaire particulier (5). On y trouve, près du Single, sur le chemin allant à Campastier un lieu-dit Las Martres, attesté en 1289 et à l’écart, semble-t-il, d’une voie ancienne de quelque importance…. La paroisse de faibles dimensions comportait la presque totalité de l’agglomération et un petit territoire rural : terroirs de La Peyrieyras et dels Calvinhacs (en partie) à l’est, et, au nord de La Truffière.
“Nous disposons en effet d’un prix-fait"en 1749 par lequel deux maçons du proche village de Cucas connus pour ses carrières, s’engagent à exécuter des travaux … Ils devront réparer le quai et le pont après avoir démoli le portail de la ville aboutissanr à ce pont. Cette démollition sera continuée juqu’au moulin de Mlle BLAZAC (moulin de Pontonié) sans causer de dommage à celui-ci. … Ils prendront soin en démolissant le portail de bien déposer 2 pierres gravées aux armes de la villeet placeront l’une de celles-ci à la clef du pont, du côté de la rivière… l’autre pierre sera remise à la maison de la ville.””
Le tailleur de pierres :
Sur le chantier, le tailleur de pierre effectuait le travail d’équarrissage, de morcellement en moellons pour l’élévation des murs. Il apportait aussi un grand soin à la confection des baies de portes et de fenêtres qui supportaient ces élévations. La taille rectiligne était travaillée sur la partie demeurant apparente au moyen d’un reparoir : sorte de broche à l’extrémité évasée munie d’un long tranchant. Les autres parties étaient martelées avec une boucharde : gros marteau doté d’une base constituée de petites pointes de diamant.
L’encadrement des fenêtres se composait souvent de blocs monolithiques mais les piédroits de portes ou des cheminées monumentales nécessitaient plusieurs morceaux. Le tailleur de pierre marquait des repères de positionnement ou d’assemblage sur chacun de ces morceaux.
La pierre s’imposait dans les parties devant résister à l’usure, tels les seuils des portes, les appuis des fenêtres, la base de piliers et de piédroits d’arcades, des éviers…
Elle était aussi mise en œuvre là où il fallait sceller des pièces métalliques. Une rainure était entaillée permettant d’insérer la queue de la pièce métallique qui était ensuite scellée au plomb.
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Évier Rue Bobila - Gond fixé dans la pierre - Fenêtre rue Bovila
Quand le tailleur de pierre s’occupait essentiellement de l’ornementation : statues, fenestrages, chapiteaux, nervures, gâbles, pinacles ou gargouilles…, le tailleur prenait alors le nom de sculpteur ou imagier. Ce travail de sculpture, plus minutieux, pouvait s’effectuer en atelier.
Les thèmes à représenter étaient très souvent religieux ou moralisateur. Le tailleur donnait la forme à la pierre après un dégrossissage, travail qui consistait à mettre le bloc à la taille voulue par rapport aux besoins du chantier puis, grâce à un gabarit, il procédait à l’épannelage, taille préparatoire d’une moulure ou d’un ornement en éliminant la pierre excédentaire.
Les outils :
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Le pic et la broche servaient à équarrir grossièrement les blocs.
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Le marteau taillant, la polka, le ciseau, ou poinçon, la ripe, le percuteur faisaient aussi partie de la trousse à outils des tailleurs.
Le maçon :
Le terme de maçon n’est apparu qu’au XIIe siècle, désignant une personne qui élevait les murs. Le maçon était moins bien payé que le tailleur de pierres.
L’art du maçon était avant tout une affaire de terroir puisqu’il utilisait des matériaux du sous-sol, directement à sa portée.
Les fondations de la construction ayant été creusées, le maçon posait les moellons et les scellait avec du mortier. Il vérifiait la verticalité et l’horizontalité des parois à l’aide d’un niveau et d’un fil à plomb.
Plusieurs procédés de montage des murs coexistaient au Moyen Âge :
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La construction horizontale consistait à élever les murs uniformément sur la périphérie d’un bâtiment par lits horizontaux bien nivelés.
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La construction verticale, ou par empilement était une méthode utilisée à partir du début du XIIIe s et qui consistait à mettre en place dans un 1er temps, les éléments porteurs comme les piliers, les colonnes ou les réseaux de fenêtres. Puis, dans un 2e temps, le maçon élevait les murs par travées, vérifiant la concordance des assises entre elles. Cette technique de construction avait pour but de rendre progressivement utilisables les différentes parties du bâtiment.
Les cailloux arrondis des rivières constituait aussi un matériau de choix pour le maçon qui les disposait au sol en jouant avec les formes et les couleurs puis les cimentait au moyen de mortiers d’argile pour former au final de superbes calades.
Les outils du maçon : pointe à tracer, fil à plomb, équerre et compas… étaient soigneusement rangés chaque soir dans leurs caisses. Fabriqués par le forgeron ou le serrurier, le maçon y était attentif.
Le mortelier :
Le mortelier fabriquait le mortier, mélange de chaux, de sable et d’eau qui devait bloquer les moellons entre eux mais souvent il n’était constitué que de terre argileuse. Il travaillait au pied des murs, à proximité du maçon.
La solidité des bâtis dépendait beaucoup de la qualité du mortier qui pouvait varier selon le type de construction et les ressources locales en matières premières.
Le mortier à base de chaux était utilisé pour lier et consolider les pierres entre elles du fait de sa bonne adhérence. Il est perméable à l’eau et permet une bonne répartition des charges dans le mur. Ce liant possèdait un maximum de souplesse et s’adaptait aux mouvements du mur, ainsi l’enduit ne fissurait pas.
Le manœuvrier :
Il était l’homme à tout faire, il creusait les fondations, portait les matériaux, le mortier, les pierres au moyen d’une hotte, d’une auge ou d’un brancard.
Sur les chantiers, la polyvalence des bâtisseurs était fréquente. Pour autant, on savait parfaitement distinguer les différentes qualifications.
LE RYTHME DU TRAVAIL :
Les journées de travail des travailleurs de pierre se calaient sur le rythme solaire (d’où l’importance des cadrans solaires), plus longues et mieux payées en été, plus courtes en hiver. Le dimanche était le seul jour de repos hebdomadaire.
Le travail était lié aussi aux saisons. Avec les intempéries et le risque de gel, beaucoup de chantiers de construction s’interrompaient en hiver. A la Saint-Martin, le 11 novembre, les chantiers d’été étaient stoppés. Auparavant, les maçons veillaient à recouvrir le sommet des murs avec de la paille ou du fumier afin d’éviter les infiltrations d’eau de pluie. L’hiver, les travailleurs de la pierre redevenaient jardiniers, laboureur ou voiturier…
LA REMUNERATION:
Les « signatures » de la pierre : Chaque carrier et chaque tailleur de pierre possédaient un signe distinctif dite « marque de tâcheron » qu’ils gravaient sur l’une des faces de la pierre taillée, en guise de signature : figure géométrique, croix, initiale ou instrument de travail.
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Ces marques permettaient au chef de chantier de qualifier le travail de ses employés et de quantifier les pierres qu’ils avaient équarries. Les travailleurs étaient payés à la journée ou à la semaine. A cela, s’ajoutaient parfois des rations supplémentaires de nourriture, de vin ou de bois de chauffage.

2. LE BOIS - 
St Joseph est le Saint Patron des charpentiers et des menuisiers.
Le bois est d’une façon générale, l’un des plus anciens matériaux naturels de construction, très employé dans les régions boisées. Les contours des forêts du Quercy au Moyen Age sont très mal connus.
Le bois constituait un matériau de choix pour les premiers constructeurs. Toutefois, la quasi-totalité des anciennes réalisations en bois ont malheureusement disparu du fait de la grande vulnérabilité de ce matériau.
Le bois était indispensable dans l’édification des demeures pour les balcons, les galeries qui couraient autour des maisons, les bolets, les volets, les escaliers, les cloisons intérieures, les perrons…
Plusieurs essences étaient utilisées pour l’édification des demeures dans le Lot mais le chêne et le châtaignier régnaient en maître au niveau des charpentes et des planchers.
Le chêne, résistant à la compression et à la flexion, était d’un usage prépondérant dans les charpentes des demeures médiévales urbaines. La largeur des maisons était standardisée aux environs de 4.5 m, dimension correspondant à la hauteur des troncs d’arbre extraits des forêts locales. Ainsi, une seule pièce de charpente prenait appui de part et d’autre des murs d’une bâtisse pour en soutenir le plancher. Les pièces de la maison étaient en enfilade. Quant au toit, il était constitué de 2 pentes.
A cette époque, de la forêt à la pose, le travail nécessaire pour réaliser les pièces de bois pour la construction de bâtiments était énorme. Les étapes étaient nombreuses même si la période de séchage n’était pas d’usage et les outils sommaires. Cependant le bois pouvait séjouner de longs mois dans l’eau avant d’être utiliser.
Des Archives de pierre – Demeures du Moyen Âge dans le Lot- :
«De nombreuses traces de galerie en bois ont été repérées le long des façades extérieures où elles formaient des balcons… Ces vestiges sont le plus souvent associés à des traces d ‘encastrement de poutres situées au-dessus, indiquant que ces galeries étaient fermées ou protégées par un simple auvent. »

Galerie protégées par un auvent (Najac)
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Place cardaillac et rue des Mariniers. - Soives et corbeaux sciés laissent imaginer la présence ancienne d’une galerie en bois.
Les différents métiers :
Le bucheron :
Il abattait les arbres dans les forêts lorsque la sève ne montait plus, c’est-à-dire à partir de novembre jusqu’en février, et, toujours selon les anciennes croyances, à la lune décroissante. Il devait avoir un fil le plus droit pos-sible, sans nœud et avec très peu d’aubier.
Auparavant, le bois était mis à flotter dans les fleuves et les rivières pendant des années ; cela permettait d’éliminer naturellement la sève, et le bois se chargeait de minéraux qui le rendait plus solide
Le fustier :
Le travail commence par l’équarrissage des troncs qui se faisait à la hache ou à l’aide de la doloire, la finition étant faite à l’aide de l’herminette. Il préparait les pièces pour leur destination.
Autrefois, les troncs n’étaient pas sciés en long car le bois ne manquait pas et par commodité on pouvait éviter un sciage. il préparait les pièces pour leur destination. Il les débitait en planches, les fumait comme le boucher le faisait pour conserver la viande, et il les séchait.
Le charpentier :
Les charpentiers étaient nombreux surtout dans les villes où l’ouvrage ne manquait pas. Cathédrale, nef, ponts, châteaux, escaliers, grange, navire, moulin, le charpentier est toujours là.
- Il fabriquait les cintres qui servaient à former la voûte des ouvertures après en avoir dessiné les gabarits. Les meilleurs bois étaient réservés à la charpenterie.

- Il fabriquait les balcons, les galeries qui couraient autour des maisons, les bolets, les auvents, les po-teaux de soutènement, les cloisons, les échelles, les escaliers…
« Le plus souvent, l’escalier extérieur ou « montade » donnant accès à la salle établie à l’étage, s’affirme ostensi-blement sur la façade principale…. Les formules mixtes associant un escalier de pierre et un palier en bois démon-table ont sans doute été largement utilisées. Dans l’un ou l’autre cas, les parties charpentées exigeaient la protec-tion d’un auvent… » Demeures du Moyen Âge – les archives de pierre
- Au fur et à mesure des édifications, il fabriquait les échafaudages de bois avec des boulins, poutres horizontales qui traversaient la maçonnerie de part et d’autre pour porter un plancher d’échafaudage. Ces « trous de boulin » étaient judicieusement placés entre chaque étage.
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Échaffaudage en bois et Façde avec trous de boulins - Rue des Capucins - Fonds Mailhol (1930 approximativement)
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Les trous de boulins creusés dans le seuil d’entrée de la tour devaient supportés le palier d’un escalier extérieur charpeté permettant son accès.
Gilles Séraphin, architecte du Patrimoine affirme que **«Un escalier charpenté ne s’ancrait jamais dans la maçonnerie au Moyen Âge.», il prenait appui sur le sol grâce à des poteaux.
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Il fabriquait aussi les charpentes de toit d’une habitation, façonnait des entailles sur les poutres pour favoriser leurs assemblages.
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Il fabriquait aussi les engins de levage nécessaires à la manutention des matériaux, permettant de monter les pierres en haut des élévations comme la cage à écureuil ou la chèvre.
La cage d’écureuil, connue depuis l’Antiquité, est une grande roue de bois évidée dans laquelle prenaient place 2 hommes qui, par un mouvement de marche, actionnaient 1 ou 2 treuils. Ainsi, 600kg de pierre pouvaient être soulevés par une roue de 2,50 m de diamètre.
La chèvre, sorte de grue simple, posée au sol ou sur un échafaudage. Sa flèche pivotante pouvait atteindre 3m. La force était démultipliée par un système de treuils ou de contrepoids.
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La cage à écureuil et la chèvre.
Le terme de charpentier voit le jour au XIIIe siècle. En 1314, Philippe le Bel abolit leurs privilèges. Les charpentiers sont alors de “grande cognée” pour ceux qui travaillent le bois de charpente, et de “petite cognée” pour les ouvrages de menuiserie. Le métier atteint sa plénitude au XVe siècle
Depuis le Moyen-Age, les charpentiers sont une des branches les plus actives du Compagnonnage. C’est d’ailleurs à cette époque qu’ils ont produit des ouvrages remarquables comme le pont de Notre-Dame, construit en bois en 1413 et qui supportait 65 maisons ou comme la charpente de la cathédrale de Paris, appelée la “forêt” qui était longue de 120 m, large de 13 m, haute de 10mm et qui supportait 200 tonnes de toiture.
Le menuisier :
Il travaillait quant à lui, de plus petites pièces de bois. Il les débitait en planches, les fumait, si besoin, comme le boucher le faisait pour conserver la viande, et il les séchait.
Ces pièces entraient dans la fabrication de meubles, de boiseries pour habiller les murs en maçonnerie, de huisseries, de planchers. Il fabriquait des volets, des portes, de petits escaliers…
Les outils du travailleur de bois:
La hache, le vilebrequin, l’égoïne, la scie, le ciseau, le maillet, la doloire ou la rainette …

3. LA BRIQUE (pierre artificielle) - 
C’est entre le Tigre et l’Euphrate, en Mésopotamie et il y a plus de 5000 ans que l’on situe l’invention de la brique cuite, utilisée comme matériau de construction essentiel en l’absence de pierre de bonne qualité. L’amélioration des techniques de cuisson au cours des siècles a rendu la brique de plus en plus solide et durable. Le monde antique du pourtour de la Méditerranée connaît l’emploi de l’argile sous toutes ses formes.
De Pierre Garrigou Grandchamp, Militaire et Docteur en Histoire de l’art et archéologie :
« La brique fut au Moyen Âge essentiellement un matériau des vallées de la Garonne, du Tarn et du Lot, lié à la présence locale d’argile suppléant une carence en bonne pierre… La brique intervient en complément de la maçonnerie en pierre … Seule une production quasi industrielle pouvait satisfaire le marché, et la brique fut la réponse à cette demande intensive de matériau. »
Le grand développement de l’architecture domestique en brique débute dès les premières années du XIIIe siècle. Plus facile à produire et moins cher à mettre en œuvre, la brique ne nécessitait aucune main d’œuvre spécialisée pour déterminer l’aspect général d’une maçonnerie .

Grâce à ses dimensions régulières (en moyenne 36 x 25 x 4,5 cm), elle se prêtait à presque tous les emplois : encadrement, arcs, baies géminées, en panneresse (face longue de la brique) ou en boutisse (tête de brique) et convenait parfaitement à l’esthétique recherchée pour les façades quand elle apparaissait en parement.
Dans Quercy recherche- N° 114 :
« Les romains intercalaient dans leurs murs de pierre… des assises régulières de briques. Les spécialistes ne disent rien sur les raisons de ce procédé. Pour notre part, nous pensons que comme souvent, une raison technique se double d’une raison esthétique. A chaque fois qu’un lit horizontal de briques s’intercale dans un mur de pierre, les efforts de descente de charge ont l’occasion de se réorganiser. En effet ces lits de briques minces peuvent facilement plier c’est à dire se micro-fissurer permettant ainsi une minimisation des contraintes de cisaillement due à la variation des forces verticales…. L’effet esthétique est indéniablement plaisant … À titre d’exemple … une tour du XIIIe à PUY L’EVÊQUE. »


4. LE FER - 
De Jean Lartigaut :
« A PUY L’ÉVÊQUE, la confrérie des forgerons, dont St Eloi est le Saint Patron fut, semble-t-il, très active. »
L’historien Guillaume Lacoste dit que les métiers de potier et de forgeron étaient très répandus dans notre province au XII siècle.
Les mines de fer.
L’exploitation minière du fer remonte à l’Antiquité. Au fil des siècles, les techniques d’extraction et de traitement du fer s’améliorèrent permettant d’accroître la production et de répondre à une demande croissante.
Le fer était présent sous forme de gisements ou de tourbières. Pour produire le métal, de petits établissements s’établirent là où se trouvaient du minerai de fer, de l’eau et du bois.
Les premières mines de fer étaient exploitées à ciel ouvert par des mineurs directement à la surface de la terre à l’aide de pioches et de marteaux. Des dépôts de scories rencontrés dans le fond des bois et d’anciens fours creusés à proximité des gisements témoignent de cette activité révolue.
Les sociétés exploitaient nommément une mine complète et construisaient une quantité de forges attenantes. Elles obtenaient du propriétaire des droits de mines, une concession d’extraction et de fonte de tous les gisements dans un district délimité.
Le travail du fer.
La température de fusion du fer est de 1 535 °C : une température que les fourneaux n’atteignaient pas au Moyen Age. Le fer était alors obtenu par cinglage ou martelage d’une quantité de minerai chauffé appelé la loupe pour en enlever les scories.
Les blocs de métal obtenus n’avaient pas tous les mêmes propriétés. De manière globale, l’«acier» durcit lorsque l’on trempe dans l’eau le métal chauffé au rouge. Le «fer», lui, ne durcit pas par trempe.
Dès la fin du XIIIe siècle, des moulins à fer ou moulines dans le Sud-ouest de la France apparurent. L’énergie hydraulique y actionnait un marteau pour le cinglage (martelage de la loupe pour en extraire les scories).
A partir du XVe siècle, la force motrice de l’eau actionna en plus un soufflet, rendant la combustion régulière. Ceci facilita le forgeage (action qui consiste à chauffer le métal jusqu’à ce qu’il devienne malléable et façonnable avec un marteau sur une enclume). Le travail fut moins pénible, la taille des fours augmenta et la production s’accrut.
La pratique comporte de nombreuses subtilités maîtrisées seulement par les bons forgerons, capables de varier leur travail selon le minerai, le combustible et la forme recherchée.
La localisation des mines de fer dans le Quercy.
De Jean Lartigaut :
« L’exploitation du fer en Quercy … se manifestait dans une zone restreinte, aux confins du Périgord et de l’Agenais, dans la partie occidentale du Quercy pour laquelle nous sommes si démunis en documents… Dans le bassin du Lot, plus particulièrement le long des ruisseaux du Vert (avec 6 moulines), de la Masse (8 moulines, et de la Thèse (avec peut-être 3 mais cette région est déshéritée en registres notariés), se manifestait une activité sidérurgique d’une certaine ampleur…Lherm était d’ailleurs au XVe siècle la « capitale » de la sidérurgie quercynoise.»

Le marteau est actionné par la force hydraulique dans une mouline.
L’histoire des moulines.
Elle est intimement liée à celle des matériaux, des carrières et des artisans, est une épopée méconnue.
De jean Lartigaut :
« Il était facile de transformer un quelconque moulin en mouline… Le minerai de fer se rencontrait un peu partout à travers le Quercy occidental mais seuls quelques gisements furent intensément exploités…. »
« Quant au charbon de bois, seul combustible connu en Quercy, il était ordinairement acheté par les maîtres de mouline aux paysans qui valorisaient ainsi leurs travaux de défrichement… L’expansion des moulines s’explique par d’intenses défrichements… On admet qu’une production de 50 kg de fer absorbe en charbon de bois environ 30 stères de forêt… La seconde moitié du XVe siècle peut être considérée comme l’âge d’or des moulines de fer …»
« Les moulines de fer chômaient 4 à 6 mois par an qui pouvaient être utilisés pour faire du charbon de bois ou extraire du minerai… Les ferriers travaillaient des champs et des vignes à proximité des forges et des minières. »
Les métiers :
L’exploitation du fer nécessitait une main d’œuvre qualifiée : maître, garde forge, ferrier et commis dans les moulines mais donnait également du travail à beaucoup d’artisans forgerons , cloutiers, couteliers, maréchaux-ferrants, armuriers, serruriers, chaudronniers… . Ils fabriquaient des clous, fers, chaînages, outils, barres et agrafes en renforts de la maçonnerie… et dans les dispositifs de fermetures (charnières de portes, serrures et clés) utiles aux bâtisseurs.
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Le fer à PUY L’EVEQUE :
De Jean Latigaut :
« … Pour les artisans, nous ne pouvons que souligner une lacune imputable à l’état de la documentation. Dans les années 1290, 2 habitants sinon 3 du Castel del Pug, exerçaient le métier de faure, à la fois forgeron et maréchal ferrant… A PUY L’EVEQUE, le nom même de la place la plus ancienne, le Cassaminier, (place de la Halle, aujourd’hui), évoque sans doute les travailleurs du fer, peut-être les premiers à s’installer au pied de la tour seigneuriale. »
« Quelques-uns de ces maîtres de forge surent constituer une rapide fortune… Je me crois autorisé à risquer l’hypothèse d’une parenté entre les BAR de PUY L’ÉVÊQUE, Hugues, le marchand d’Agen et Jacques, présumé marchand de LHERM. Ce « consortium » familial aurait pu écouler du fer à la fois en Agenais et dans le Figeacois… Une transaction de 1448 est intéressante par l’importance de la marchandise, 160 quintaux de fer, et par la qualité des parties en présence. L’acheteur, Pierre DE BAR, est marchand de PUY L’ÉVÊQUE dont un parent, peut-être même un frère, s’est établi comme marchand à AGEN, tandis qu’un autre frère, celui-là, prêtre, sera fermier de l’évêque de CAHORS pour la seigneurie de LHERM. On voit toutes les combinaisons familiales qu’il leur était possible de réaliser, d’autant que les BAR témoignent d’un intérêt certain pour l’exploitation du fer. Le fils aîné du marchand de PUY L’ÉVÊQUE sera noble et possesseur d’une mouline de fer. Quant au vendeur, Jean DE RODOREL, seigneur de FRAYSSINET-LE-GOURDONNAIS, rien ne le destinait à ce négoce sauf, peut-être, s’il en était déjà pourvu, son office de Maître des Eaux et Forêts du QUERCY, PERIGORD et AGENAIS, qui le mettait en rapports avec des maîtres de mouline et lui aurait permis de fructueuses opérations. »
Les outils :
L’enclume, les tenailles, les fourches, les roues et les soufflets.

La maison mixte à dominante pierre dite maison à pans de bois.
Dans le Quercy du XIIIe au XVIe s, les maisons en pans de bois ont connu une époque très florissante. Ce genre de technique a répondu à différentes contraintes liées au terrain et climat : relief, nature du sol, économie de matériaux, forme de la parcelle et exposition.
Description technique de la maison mixte.
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Les fondations se faisaient en fonction de la nature des sols et de l’importance de la construction. Les fondations étaient réalisées sur un sol purgé de la terre végétale afin d’obtenir une assise stable et plane.
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Le soubassement : La maçonnerie était ensuite montée directement sur ce fond et s’élevait jusqu’au rez-de-chaussée voire sur une majeure partie de la structure évitant ainsi les remontées d’humidité venant du sol par capillarité et assurant aussi une bonne répartition des charges vers les fondations. L’appareillage du socle se faisait avec des pierres dures, taillées et souvent laissées apparentes. Cette technique est encore utilisée au XIXe siècle.
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Les chaînages, (encoignures des bâtiments), parfois en saillie, servaient à solidariser les murs des façades entre eux aux angles des constructions maçonnées.
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La structure en pans de bois : Les façades en pans de bois étaient conçues pour supporter des charges supérieures à celles supportées par les façades traditionnelles, car elles ne portaient les solives des planchers rustiques que d’un seul côté. Sur l’assise maçonnée reposait horizontalement la sablière qui était la base de la structure à pans de bois et qui délimitait l’étage. Le pan de bois s’organisait en une série d’éléments verticaux (montants, poteaux, décharges), régulièrement espacés et assemblés aux sablières hautes et basses grâce à des tenons et des mortaises maintenues par des chevilles et d’éléments horizontaux (traverses, sablières) et d’un système porteur secondaire (poutres, solives).

A = Sablière B = Poteau C = Poteau d’huisserie D = Linteau F = Décharge G = Tournisse
- Les assemblages se faisaient en queue d’aronde, à mi-bois ou à tenons et mortaises, selon les époques et les contraintes de la structure, parfois consolidée par des clous en fer.
Des entretoises assuraient l’écartement des poteaux et servaient d’appui aux fenêtres. Des pièces obliques, souvent au décor de croix de st André, participaient au décor. Chaque essence et chaque section en bois massif étaient hiérarchisées selon leur fonction et leur place dans la structure.

- Le remplissage était mis en place une fois les bois élevés et assemblés en façade et répondait à différentes fonctions : isolation thermique et phonique, étanchéité, résistance aux intempéries et stabilité mécanique.
Il était composé le plus souvent d’un torchis : mélange de terre argileuse, de paille, de chaux et d’eau auquel on ajoutait parfois du sable mais l’utilisation de moellons de calcaire, de briques en terre cuite, de pierres de ramassage, de galets ou de tuf était aussi d’usage.
Le tuf est un type de Roche de faible densité, poreuse légère, souvent friable, formée de dépôts volcaniques, cendres ou boues, ou calcaires. Le tuf calcaire est très tendre.
- Le revêtement ou enduit :
Traditionnellement, ces murs sont protégés par un enduit au mortier de chaux naturelle posé en plusieurs couches pour faciliter l’évacuation de l’humidité provoquée par le phénomène de condensation et jouer le rôle de protection face aux intempéries.
Deux types principaux de structures étaient utilisées avant le XVe siècle.:
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les pans de bois porteurs où la structure supporte les charges des étages supérieurs, au même titre que les autres murs.
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les pans de bois non porteurs, technique courante au Moyen Âge dans les régions méridionales où les solives et la charpente s’appuient sur les murs latéraux maçonnés via un sommier ou des têtes de mur.
Le poids des planchers et des charpentes est distribué sur les parties maçonnées grâce à un sommier ancré dans les murs latéraux, disposé sous les solives, en arrière de la partie en encorbellment et à l’aplomb du mur du rez-de-chaussée.

1977- Fonds Mayssal- Rue du Cosatou- Le mur latéral supporte la structure en pans de bois.
Les avantages des pans de bois :
Le premier avantage de ce type de construction par rapport à un édifice entièrement maçonné était l’encorbellement, option qui augmentait la surface d’habitation dans les étages tout en laissant le passage sur la voie publique. D’autre part, ce type de construction était plus économique tout en garantissant une mise en œuvre plus rapide et des qualités particulièrement isolantes que vantait Viollet-Le-Duc.
Les Inconvénients des pans de bois :
Au Moyen Âge, le souci de dégager les axes urbains s’est fait sentir. Beaucoup ordonnances ont tenté de réduire les débordements trop importants des constructions sur la voie publique. Ces façades en pan de bois donnaient généralement sur la rue, C’est ainsi qu’il y eut de part et d’autre de rues, des étages en encorbellement si proches que leurs habitants arrivaient à se toucher la main.
A cause des risques d’incendie, les constructions en pans de bois ont été limitées dès le XVIe siècle (ordonnance royale de 1560) puis interdites en bordure de voie publique (édit de 1667, puis loi de 1791) pour en éviter leur propagation d’un côté de rue à l’autre. L’obligation fut imposée d’enduire extérieurement les constructions urbaines existantes.
Quelques maisons en pans de bois ayant subsisté à PUY L’ÉVÊQUE.
Pans de bois en encorbellement remplis de pierre ou de briques, enduits partiellement ou complètement.
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Place Cardaillac - Rue des Capucins - Rue St Sauveur
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Rue St Sauveur

LA FORMATION PROFESSIONNELLE AU MOYEN AGE :
Après celui de la foi, l’apprentissage le plus important était celui d’un métier. A partir du XIIIe siècle, des contrats d’apprentissage définissaient les droits et devoirs des adolescents qui étaient placés vers l’âge de 13 ans et jusqu’à l’âge de 16 ans, chez un artisan.
De Eugène Sol – L’industrie en Quercy :
« Il fallait faire un apprentissage parfois très long pour devenir ouvrier ou maître, et il appartenait au maître d’apprendre le métier à l’apprenti… On commence très jeune par être apprenti. On reçoit l’éducation professionnelle de la part d’un patron « en vivant constamment avec lui et en partageant même sa vie de famille ». Il n’y avait aucune rétribution pour l’apprenti. Dans certains métiers l’initiation était assez longue. Elle durait quinze ans dans certains métiers complexes et délicats comme celui d’orfèvre.
L’artisan s’engageait à lui apprendre son métier en respectant ses forces et ses heures de sommeil. Il était chargé de le nourrir, de l’habiller avec l’aide de son épouse mais aussi de le soigner si besoin. « Pour ne parler que de la maçonnerie, « la manière dont les tracés sont compris par les tailleurs de pierre, l’intelligence avec laquelle ils sont rendus, indiquent chez ceux-ci une connaissance de la géométrie descriptive, des pénétrations de plans », que l’on a grand peine à trouver au XIXe siècle chez les meilleurs appareilleurs. Il faut beaucoup d’années et des soins infinis au XIXe siècle pour former des ouvriers en état de rivaliser avec ceux du Moyen Âge dans l’exécution matérielle des tailles et des sculptures… L’apprenti ouvrier, au terme de sa formation travaille avec un patron, mais il est libre de vivre en dehors de sa demeure. Il reçoit un salaire. Enfin l’ouvrier pourra s’établir ; il deviendra patron à son tour. »
Quant aux maîtres des œuvres, ceux que nous appelons aujourd’hui des architectes, ils ne paraissent pas avoir jamais formé un corps ; nous ne pouvons avoir même qu’une idée assez vague de la nature de leurs attributions jusqu’au XVe siècle. Dès la fin du XIIIe siècle, on voit des villes, des abbés ou des chapitres passer des marchés avec les maîtres des divers corps d’état sans l’intervention de l’architecte.

En 1896,
Il existait à PUY L’ÉVÊQUE beaucoup de travailleurs dans les spécialités de la pierre, du bois et du fer. Seulement 1 travaillait la brique.
Beaucoup de travailleurs apparaissent en qualité de journaliers mais leur domaine d’activité n’est pas précisé.
MAÇONS : 7
BALSE Pierre : 69 ans - CHARLES Hippolyte : 50 ans - LAVAL Etienne : 80 ans - DELAT Antoine : 54 ans - DELRALAT Antoine : 64 ans - GARRIT Pierre : 49 ans PLE - PLAGES Jean : 28 ans -
CARRIER : 18 dont la majorité d’entre eux réside à proximité des carrières.
BOSC JEAN : ouvrier Carrier PLE - CAURESSON Antoine :58 ans CUCAS - COSTES Jean : 39 ans POUJOULOU - COSTES Pierre : 46 ans PLE - DELBREIL Pierre : 52 ans CUCAS - DELPECH Francois : 31 ans ROUBERT - DELPECH Jean : 56 ans Cazes - FAURIE Jean : 49 ans -PLE - LACOMBE Clovis-jean : 26 ans CUCAS - LAPARRA Martin :50 ans CUCAS - QUERCY Jean : 64 ans Martignac - RAJADE Jean Baptiste : 55 ans PLE - RAYSSAC Pierre : 53 ans POUJOULOU - RAYSSAC Jean : 16 ans Fils POUJOULOU - SAUVIN Jean : 58 ans - PLE - VILADIE Antoine : 43 ans PLE - FAYDEL Jean : 16 ans CUCAS - BARRIE JEAN : 42 ans PLE -
TAILLEUR DE PIERRE : 4
VIVAL Henri : 58 ans PLE - DAYMARD Guillaume : 57 ans PLE - DELIVAT Raymond : 25 ans - COSTES Marc : 24 ans -
MENUISIER : 7
VALADE Noël : 38 ans - ANDRAL Pierre :48 ans PLE - REGNAT Jacques- Émile : 38 ans - SCHMITTER Martin : 60 ans – PLE - SCHMITTER Victor : 22 ans PLE - COSTES Jacques : 55 ans - SAVY Jean : 56 ans PLE -
CHARPENTIER : 4
RAYNALDY Jean Paul : 62 ans - CALASSOU Pierre : 44 ans - BOUYSSIE Antoine : 36 ans - ROUX Antoine - 33 ans -
FORGERON : 4
LABRO Antonin :57 ans - FIHLOL Pierre : 16 ans Ouvrier forgeron PLE - FAURIE Pierre :55 ans PLE - BESSE Jean : 51 ans Loupiac -
CLOUTIER et SERRURIER : 3
BORIE Ulysse : 43 ans - ARAGON Antoine : 54 ans - DALEHE Guillaume : 54 ans -
BRIQUETIER : 1
CHAMBON Jean : 54 ans Le port -
La petite histoire de la briqueterie de PUY L’ÉVÊQUE :
Une brique estampillée au nom de CHAMBON nous a été offerte par un de nos adhérents.

Une carte postale provenant du fonds MAYSSAL permet de visualiser la briqueterie.Elle était située à 250 m en amont des ponts, sur la rive gauche .

1906 - Fonds MAYSSAL.- La vapeur servait au séchage avant cuisson des briques dans un four à charbon.
Résultat de mes recherches :
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La briqueterie appartenait à M. RIVIERE, depuis ???.
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En 1921 - Mme veuve RIVIERE née CHAMBON dont le fils unique est décédé à l’age de 12 ans, cèda la briqueterie à son neveu CHAMBON Jean, dit Léon.
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En 1914, la mobilisation d’une partie du personnel aurait fait chuter la production de tuiles et de briques. La briqueterie a cessé son activité après la 1ère guerre.
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En 1926, Jean CHAMBON est représentant de commerce.

Photo prise lors de la crue de 1927 – Fonds Mayssal –
La cheminée de la briqueterie est encore visible.

Conclusion :
L’héritage que nous devons au Moyen Age est précieux. La réalisation d’ouvrages médiévaux est le seul témoignage de techniques et de savoir-faire ancestraux fautes de traces écrites. Beaucoup de choses restent encore à découvrir :
Des Archives de pierre :
« Évidemment, les édifices, tours, rues, églises, places, palais et maisons qui peuvent subsister du Moyen Âge nous renseignent sur la société qui les a produits, mais pas plus qu’un squelette ne révèle si un homme était gai ou renfrogné, intelligent ou sot » .
Le Moyen Age qui a duré près de 10 siècles, a innové, inventé et dessiné les contours de notre monde contemporain. L’usure du temps touche davantage certaines parties des constructions d’alors. Des vestiges ont été mutilés. Les auvents ont disparu les premiers. La peur des incendies ou les critères esthétiques se sont orientés vers d’autres styles d’architecture au cours des rénovations….
A partir de 1860, les administrations chargées de la conservation des monuments historiques commencèrent à constituer d’importants fonds documentaires mais peu d’ouvrages documentent le Lot.
L’apparition de la photographie fut porteuse de grands progrès. Un fonds documentaire se constitua grâce à des commandes publiques et à l’initiative de professionnels ou de sociétés savantes. Les archives de la médiathèque du Patrimoine et de la photographie sont riches en clichés des années 1880-1930.
Les collectionneurs de cartes postales ont enrichi la documentation photographique.
Un grand BRAVO à Monsieur Jacques MAYSSAL qui a constitué une magnifique collection de cartes postales sur PUY L’EVEQUE et un GRAND MERCI pour le partage qu’il a consenti à faire avec notre association : PUY L’EVÊQUE-Patrimoine.
Ces images nous sont précieuses !
Voici quelques exemples : des maisons en pans de bois aujourd’hui disparues ou profondément modifiées :

1901- Maison à colombage surmontant la porte de Ramouneau, Rue des Clédelles.- Fonds Mayssal.

1917- Ancien corps de garde en sentinelle sur le Lot - Fonds Mayssal.